
L'accommodation
Qu'est ce que l'accommodation
La définition de l'accommodation est la suivantel:
l'accommodation familiale désigne l'ensemble des modifications volontaires du comportement des proches visant à réduire la détresse d'une personne souffrant d'un trouble psychiatrique, mais qui ont pour conséquence involontaire de maintenir ou d'aggraver le trouble (DOI: 10.1586/ern.11.200).
C'est un comportement extrêmement fréquent dans les familles dont un enfant souffre d'un TOC, je dirais même qu'il est inévitable. Les estimations sont qu'environ 90% des familles présentent ce type de comportements (DOI: 10.1586/14737175.2016.1126181) et je pense que ce chiffre sous estime la réalité tant je ne conçois pas comment il peut être possible de faire autrement pour les familles, sauf dans certains cas particuliers où un TOC particulier ne nécessiterait pas d'accommodation. Donc si c'est votre cas, que vous vous accommodez à votre enfant, je vous rassure c'est un comportement tout à fait normal.
Grave ou pas?
Est-ce grave de s'accommoder? Serez-vous la cause du maintien pour l'éternité du TOC et du malheur de votre enfant? Certainement pas.
On dit classiquement que l'accommodation interfére de façon négative avec la thérapie comportementale c'est à dire qu'elle serait associée à un moindre succès de la TCC (DOI: 10.1037/a0012652). En particulier une étude relativement bien menée à montrer que lorque l'on enseignait aux parents à moins accommoder, on notait une plus grande effiacité de la TCC sur les enfants (DOI: 10.1016/j.beth.2014.11.001).
Mais les choses ne sont pas si claires. En effet, la méthodologie de cette dernière étude pourrait être discutée sur certains points. Or des études récentes vont à l'encontre de leurs résultats en montrant que le niveau d'accommodation familiale ne prédit pas, n'est pas associée à la réponse aux traitements et notamment celle aux traitements pharmacologiques (DOI: 10.1016/j.ajp.2025.104744 et 10.1016/j.neubiorev.2024.105678).
Ainsi, non les résultats concernant les liens entre guérison et présence d'une accommodation familiale ne sont pas claire du tout, en particulier quand on considère l'utilisation de médicaments comme traitement.
Du coup, on fait quoi?
Du coup on fait quoi vous demandez? On fait au mieux, on fait ce qu'on peut.
Est ce que c'est mieux de ne pas s'accommoder, probablement. Mais est ce que c'est toujours possible dans la vraie vie, je ne suis pas sûr. Est ce que ce soir, après cette journée de travail vous avez l'énergie d'affronter les crises de votre enfant? Est ce que ce matin, celui du bac, vous pensez que raisonable que votre enfant soit en retard à ses examens? Est ce que les voisins sont toujours prêt à supporter des hurlements au vu de la discussion houleuse que vous avez eu hier soir eux? Répondre à ces questions c'est répondre à ce qu'il faut faire.
Ce que l'on sait avec certitude c'est qu'augmenter le niveau de stress n'arrange pas le TOC (DOI: 10.1016/j.eurpsy.2014.11.008), donc vivre dans un foyer en tension permanente n'est pas forcément le meilleur moyen d'aider votre enfant. Et si vous craquez, vous ne serez plus en mesure d'aider votre enfant non plus.
Donc, d'une manière pragmatique, en un mot comme en cent, faites au mieux tout en privilégiant le bien être du foyer, en privilégiant votre bien être, votre endurance, et votre enfant ira mieux de toutes façons. Essayez de limiter l'accommodation dans les limites du raisonnable, sans vous mettre en péril, sans devoir vous séparer de votre conjoint ou conjointe, sans devoir quitter votre travail, sans devoir avoir les services sociaux sur le dos pour hurlements nocturnes, sans dormir 3 heures par nuit parce que vous avez décidez de tolérer la détresse de votre enfant et donc une crise jusqu'à 3 heure du matin, ou c'est vous qui consulterez bientôt! Trouvez le juste milieu et le reste suivra!
N'oubliez pas, personne n'a la recette magique, donc vous faites déjà au mieux!