Veille de la bibliographie internationale - 2026

Clinique et phénoménologie

1. Biopsychosocial correlates of active suicidal ideation in obsessive-compulsive disorder 

Psychiatry Res. 2026 May:359:117034. doi: 10.1016/j.psychres.2026.117034.

Titre en français: Corrélats biopsychosociaux de la présence d'idées suicidaire dans le TOC

Une ISA (idée suicidaire) a été rapportée par 33,3 % des participants. Les analyses univariées et stratifiées ont révélé des niveaux significativement plus élevés d’estradiol (E2) chez les individus présentant une ISA, en particulier chez les hommes. L’analyse de réseau a montré que l’ISA était directement connectée à la sévérité de l’anxiété, à l’E2, à l’insight et au statut économique. L’E2 présentait la centralité la plus élevée dans le réseau. Le modèle multivarié a identifié la sévérité de l’anxiété (OR = 2,77, p = 0,001), l’insight (OR = 3,16, p = 0,036) et l’E2 (OR = 1,68, p = 0,061) comme principaux prédicteurs. Le modèle a atteint une AUC de 0,769, augmentant à 0,857 dans l’analyse de sensibilité appariée.
L’ISA dans le TOC résulte de mécanismes affectifs, cognitifs et biologiques interconnectés. L’intégration de facteurs hormonaux et liés à la perception de soi dans l’évaluation du risque suicidaire pourrait améliorer cette évaluation, l’E2 étant identifié comme un biomarqueur potentiel, en particulier chez les hommes.

2. Risk-aversion with both high and low ambiguity: Elevated OCD symptom severity and intolerance of uncertainty are associated with less risk-taking in an OCD patient sub-sample 

J Obsessive Compuls Relat Disord. 2025 Jul:46:100955. doi: 10.1016/j.jocrd.2025.100955

Titre en français: Une sévérité du TOC plus importante ainsi qu'une plus forte intolérance à l'incertitude son associées au fait de prendre moins de risque chez les patients TOC

Dans les contextes cliniques, les patients atteints de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) sont généralement averses au risque, en particulier en situation d’incertitude. Toutefois, la littérature examinant la prise de risque dans le TOC est contradictoire, et les études comparant directement la prise de risque dans des conditions de forte versus faible ambiguïté sont rares. Dans la présente étude, 60 participants (30 patients avec TOC et 30 témoins sans trouble psychiatrique) ont réalisé une version modifiée de la Balloon Analogue Risk Task (BART), dans laquelle ils « gonflaient » un ballon virtuel et gagnaient cinq centimes à chaque pression ; cependant, si le ballon éclatait, ils perdaient l’argent accumulé lors de ce tour. La tâche comportait deux niveaux d’ambiguïté : le niveau de risque de chaque ballon (c’est-à-dire la probabilité d’explosion) était soit affiché visuellement (faible ambiguïté), soit inconnu (forte ambiguïté). La variable de résultat était le nombre moyen de pressions pour les ballons n’ayant pas explosé, des scores plus élevés indiquant une plus grande prise de risque. Un effet principal de l’ambiguïté a été observé, les participants prenant davantage de risques dans la version à faible ambiguïté du BART comparée à la version à forte ambiguïté. Contrairement aux hypothèses, aucune interaction entre le niveau d’ambiguïté et le groupe diagnostique n’a été mise en évidence. Au sein du groupe TOC, toutefois, l’intolérance à l’incertitude, la sévérité des symptômes du TOC, l’anxiété de trait et la sévérité de la dépression étaient négativement associées à la prise de risque. En l’absence d’un groupe contrôle clinique, il n’est pas possible de déterminer la spécificité de ces effets au TOC. Le plan expérimental intra-sujets pourrait avoir contribué à des effets de report (carryover). Ces résultats soulignent l’importance d’une évaluation dimensionnelle des symptômes, au-delà de la simple présence ou absence d’un diagnostic, pour prédire l’aversion au risque dans le TOC.

3. (No) attentional biases in obsessive-compulsive disorder? An eye-tracking study using idiosyncratic stimulus material 

J Psychopathol Clin Sci. 2026 Apr;135(3):357-376. doi: 10.1037/abn0001071. Epub 2026 Mar 9

Titre en français: (aucun) biais attentionel dans le TOC? 

Les théories cognitivo-comportementales proposent que les biais attentionnels contribuent au développement et au maintien du trouble obsessionnel-compulsif (TOC). Cependant, les résultats de recherche sont incohérents : certaines études soutiennent l’existence d’un biais de vigilance (c’est-à-dire une orientation rapide vers des stimuli menaçants) et/ou d’un biais de maintien (c’est-à-dire une difficulté à se désengager de stimuli menaçants), tandis que d’autres ne mettent en évidence qu’un seul de ces biais, voire aucun. Ces incohérences pourraient être liées à plusieurs limites des études antérieures (par exemple, l’absence de groupes contrôles cliniques, la focalisation sur des sous-groupes de patients atteints de TOC, ou encore l’utilisation de stimuli génériques liés au TOC). Ainsi, cette étude préenregistrée visait à clarifier les biais attentionnels dans le TOC à l’aide d’un paradigme de suivi oculaire en vision libre, utilisant des stimuli idiosyncratiques pertinents pour le trouble. Les participants comprenaient 51 individus atteints de TOC, 64 témoins non cliniques et 50 individus présentant une phobie des araignées servant de groupe contrôle clinique. Les résultats ne soutiennent pas l’existence d’un biais de vigilance dans le TOC : les participants avec TOC n’étaient ni plus rapides ni plus susceptibles de fixer en premier les stimuli pertinents pour le TOC. Bien qu’un biais de maintien ait été observé, celui-ci était lié à une évitement des images négatives plutôt qu’à une attention prolongée portée aux stimuli spécifiques au TOC. En revanche, les participants présentant une phobie des araignées évitaient stratégiquement les images d’araignées, indiquant des profils attentionnels différents de ceux observés dans le TOC. Des analyses exploratoires ont mis en évidence des profils attentionnels spécifiques aux symptômes : les participants avec TOC évitaient les images liées à la contamination, tandis qu’un biais de maintien était observé pour les stimuli liés à la vérification. Ces résultats soulignent l’importance de prendre en compte les profils symptomatiques individuels ainsi que la signification émotionnelle des stimuli dans les recherches futures. Notre étude suggère que les processus attentionnels dans le TOC diffèrent de ceux observés dans les troubles anxieux et remet en question l’applicabilité des modèles anxieux des biais attentionnels au TOC.

4. Recommended Medical Investigations in Pediatric Acute-Onset Neuropsychiatric Syndrome 

JAMA Netw Open. 2026 Mar 2;9(3):e262618. doi: 10.1001/jamanetworkopen.2026.2618

Titre en français: Investigations médicales recommandées dans le PANS

En préamble, cette étude est extrêmement importante pour les parents se posant la question d'un PANS chez leur enfant. La présence (ou l'absence) de tests biologiques anormaux ne permettent que difficilement de conclure à la présence d'un PANS. Aujourd'hui, avec les limites actuelles, la clinique compte avant tout. 

L’utilité clinique des examens biologiques et médicaux complets actuellement recommandés chez les enfants présentant un syndrome neuropsychiatrique aigu d’apparition pédiatrique (PANS) reste incertaine. Notamment, les comparaisons avec des patients psychiatriques témoins pertinents sans suspicion de physiopathologie immunologique font défaut. Cette étude cas-témoins a recruté des enfants (âgés de 4 à 18 ans) atteints de PANS ainsi que des enfants présentant un TOC idiopathique et/ou des troubles ticques (groupe contrôle) dans des cliniques spécialisées dans le PANS et le TOC à Stockholm, en Suède, entre le 1er janvier 2020 et le 19 septembre 2023. Les analyses de données ont été réalisées entre le 16 juin 2024 et le 19 août 2025. Conformément aux recommandations publiées pour le PANS, les évaluations comprenaient 56 paramètres biologiques issus d’analyses sanguines et de prélèvements de gorge. Des données supplémentaires provenant de l’analyse du liquide céphalorachidien, de l’imagerie par résonance magnétique cérébrale et de l’électroencéphalographie étaient disponibles pour un sous-groupe du groupe PANS. Les résultats biologiques ont été comparés entre les groupes PANS et contrôle. Parmi les 109 participants, le groupe PANS comprenait 51 enfants (âge moyen [ET] : 10,2 [3,4] ans ; 34 garçons [66,7 %]) et le groupe contrôle 58 enfants (âge moyen [ET] : 13,6 [3,1] ans ; 29 garçons [50,0 %]). Presque tous les participants présentaient au moins une anomalie biologique (44 [86,3 %] dans le groupe PANS et 56 [96,6 %] dans le groupe contrôle), sans différence significative entre les groupes. La majorité des participants du groupe PANS présentait au moins trois anomalies biologiques, tandis que la majorité du groupe contrôle en présentait quatre ou plus. Un participant du groupe PANS a été diagnostiqué avec une maladie cœliaque ; un autre présentait des signes électroencéphalographiques d’activité neuro-inflammatoire sans diagnostic formel avant l’évaluation PANS. Des anomalies incidentes sans conséquence clinique étaient fréquentes. Dans cette étude cas-témoins portant sur des enfants atteints de PANS et de TOC idiopathique et/ou de troubles ticques, les anomalies biologiques étaient fréquentes dans les deux groupes et ne différaient pas significativement. L’ensemble des investigations médicales recommandées identifie rarement des affections somatiques sous-jacentes chez les enfants avec PANS. Ces résultats remettent en question l’utilité clinique des explorations médicales complètes et coûteuses actuellement recommandées chez les enfants suspectés de PANS.

5. Heightened Distraction under Competition in Obsessive-Compulsive Disorder 

bioRxiv [Preprint]. 2026 Mar 17:2026.03.15.711932. doi: 10.64898/2026.03.15.711932

Titre en français: Augmentation de la distractibilité en situation de compétition dans le trouble obsessionnel-compulsif

Cette étude a examiné dans quelle mesure les ressources attentionnelles sont allouées à des indices pertinents pour la tâche en présence de distracteurs émotionnels et spécifiques au trouble chez des participants atteints de TOC (N = 33) et des participants témoins (N = 31). Les potentiels évoqués visuels en régime permanent (steady-state visual evoked potentials, ssVEPs) en réponse aux indices pertinents pour la tâche ont été étudiés à l’aide d’une tâche au premier plan dans laquelle les participants devaient détecter un mouvement cohérent dans un champ de points aléatoires scintillants (random dot kinematogram, RDK), superposé à des images distractrices naturalistes variant en contenu émotionnel (agréable, neutre, désagréable et images évoquant le TOC). Les enveloppes d’amplitude des ssVEPs en réponse au stimulus de mouvement ont servi d’indice de l’engagement visuocortical envers les indices pertinents pour la tâche. Les données ont également été ajustées au modèle de distraction sous compétition (distraction under competition, DUC), un cadre computationnel de la sélection attentionnelle. Des différences entre groupes ont été observées, avec des effets de compétition visuocorticale plus marqués (traduisant un engagement réduit dans la tâche) dans le groupe TOC, principalement induits par les images désagréables, suivies des images évoquant le TOC. Par ailleurs, le modèle DUC s’ajustait bien aux données dans les deux groupes, mettait en évidence la prédominance de la compétition visuocorticale en réponse aux images désagréables et révélait la présence d’une compétition substantielle en réponse aux images évoquant le TOC dans le groupe TOC.

6. Functionality in Clinically Recovered Subjects with Obsessive-Compulsive Disorder: A Case-Control Study: Capacité fonctionnelle des sujets atteints d'un trouble obsessionnel-compulsif qui obtiennent un rétablissement clinique - Étude cas-témoins

Can J Psychiatry. 2026 Apr 21:7067437261442377. doi: 10.1177/07067437261442377.

Titre en français: Fonctionnement chez les sujets ayant soufferts de TOC mais depuis guéris (remarquez que cette étude est issue d'un journal canadien, ils ont donc déjà traduit le titre eux même, surement mieux que moi!)

Une proportion de patients atteints de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) parvient à une rémission clinique. Toutefois, les recherches sur le rétablissement fonctionnel des patients cliniquement rétablis restent limitées. Cette étude examine le fonctionnement des sujets atteints de TOC en rémission clinique en comparaison avec des témoins sains (HC). Des patients ayant obtenu une rémission clinique du TOC (n = 102) ont été comparés à des témoins sains (n = 52) en termes de fonctionnement global, de bien-être, de handicap et de qualité de vie (QdV), à l’aide de la Global Assessment of Functioning (GAF), de l’échelle de bien-être WHO-5, de la WHO Disability Assessment Schedule et de la version abrégée de la WHO Quality of Life. Les participants ont également bénéficié d’une évaluation neuropsychologique complète. Les patients avec TOC en rémission clinique présentaient un fonctionnement global plus faible, des scores de handicap plus élevés, une qualité de vie altérée dans le domaine environnemental, ainsi que des performances neuropsychologiques inférieures dans les domaines de la mémoire de travail et de l’inhibition de réponse, comparativement aux témoins sains. Dans l’analyse de corrélation de Spearman, un meilleur fonctionnement global chez les patients en rémission clinique était associé à une durée plus longue de rémission, à la mise en place d’une stratégie d’augmentation pharmacologique, à l’absence de thérapie cognitivo-comportementale, à des scores de handicap plus faibles, à un meilleur niveau de bien-être et à une meilleure qualité de vie globale. Les corrélats neuropsychologiques d’un meilleur fonctionnement incluaient une vitesse de traitement plus rapide et une meilleure précision dans les tâches de mémoire de travail. Dans une analyse de régression quantile (médiane) pas à pas, un meilleur fonctionnement était associé à un âge de début plus tardif, à une durée de rémission plus longue, à une vitesse de traitement plus rapide, à de meilleures performances en mémoire de travail, à des scores de handicap plus faibles et à une meilleure qualité de vie globale. Les patients atteints de TOC en rémission clinique présentent un fonctionnement global diminué. Le rétablissement fonctionnel pourrait être défini comme une rémission clinique associée à un score GAF > 70 (c’est-à-dire au plus une altération légère du fonctionnement et des symptômes minimes, voire absents). Il est important d’identifier les patients n’ayant pas atteint un rétablissement fonctionnel et de proposer des interventions adaptées, incluant la remédiation cognitive, afin d’améliorer les résultats fonctionnels.

Traitements

1. Agmatine augmentation in treatment-resistant obsessive-compulsive disorder: a prospective open-label case series 

Front Psychiatry. 2026 Feb 4:17:1745041. doi: 10.3389/fpsyt.2026.1745041.

Titre en français: Augmentation du traitement par Agmatine dans le TOC résistant

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) reste résistant au traitement chez 40 à 60 % des patients malgré des essais adéquats d’inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de thérapie cognitivo-comportementale. Un dysfonctionnement glutamatergique au sein des circuits cortico-striato-thalamo-corticaux a émergé comme un mécanisme physiopathologique clé, incitant à l’étude de modulateurs glutamatergiques comme stratégies d’augmentation. Ici est présentée une série de cas prospective en ouvert, menée entre mai 2025 et novembre 2025, chez cinq adultes (âgés de 28 à 54 ans) présentant un TOC résistant au traitement, ayant échoué à plusieurs essais d’inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et à au moins une stratégie d’augmentation. Tous les patients ont reçu du sulfate d’agmatine, initié à 650 mg/jour puis augmenté à 1300 mg/jour après une semaine, en association avec des doses stables d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. La sévérité du TOC a été évaluée à l’aide de l’échelle Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (Y-BOCS), mesurée à l’inclusion et à plusieurs points de suivi sur une période de 112 jours. Le critère principal était la variation du score Y-BOCS par rapport à l’inclusion. Une modélisation de type décroissance exponentielle a mis en évidence une réduction progressive des symptômes avec une demi-vie de 16,4 jours. Deux patients sur cinq (40 %) ont présenté une amélioration cliniquement significative (réduction ≥ 25 % du score Y-BOCS). L’agmatine a été bien tolérée, sans arrêt de traitement lié à des effets indésirables. Des symptômes gastro-intestinaux transitoires et légers ont été observés chez deux patients. Cette série de cas fournit des données préliminaires suggérant la sécurité et une efficacité potentielle de l’agmatine comme traitement d’augmentation dans le TOC résistant. Le profil de réponse progressive et le taux de répondeurs de 40 % justifient la réalisation d’essais contrôlés afin de confirmer l’efficacité et d’identifier les prédicteurs de réponse au traitement.

Attention, il ne s'agit que d'une série de cas, il faut encore confirmer ces résultats avec de vraies études. 

2. Marked Improvement in Treatment-Intolerant Obsessive-Compulsive Disorder in an Adolescent Using a Glutamatergic Regimen With Dextromethorphan, Piracetam, and Goldenseal Root 

Cureus. 2026 Mar 3;18(3):e104617. doi: 10.7759/cureus.104617

Titre en français: Amélioration marquée d’un trouble obsessionnel-compulsif chez un adolescent intolérant aux traitements, grâce à un protocole glutamatergique associant dextrométhorphane, piracétam et racine d’hydraste du Canada

Un garçon de 16 ans présentant un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) sévère, caractérisé par des obsessions centrées sur la santé, des ruminations intrusives, une déréalisation et une altération fonctionnelle importante, n’a pas toléré les traitements sérotoninergiques standards (escitalopram, fluoxétine) ni le bupropion, en raison d’une aggravation de l’anxiété, de préoccupations somatiques ou de céphalées. Un protocole glutamatergique oral a été initié, comprenant du dextrométhorphane 30 mg/jour pour son antagonisme des récepteurs N-méthyl-D-aspartate (NMDA), du piracétam 1 200 mg/jour pour la modulation des récepteurs AMPA, et un extrait de racine d’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) 600 mg/jour en tant qu’inhibiteur botanique du CYP2D6 afin de prolonger l’exposition au dextrométhorphane, associé à de faibles doses de prégabaline, rispéridone et aripiprazole en soutien complémentaire. Dans les quatre semaines suivant l’ajout de l’hydraste, les symptômes se sont nettement améliorés, atteignant des seuils de rémission : le score au Patient Health Questionnaire-9 (PHQ-9) a diminué à 2, le score GAD-7 à 3, les pensées obsessionnelles et la déréalisation ont disparu, les céphalées ont cessé, et une fréquentation scolaire complète ainsi qu’un fonctionnement normal ont été retrouvés. Ces bénéfices ont persisté pendant deux mois, sans effets indésirables liés à l’hydraste. Ce cas suggère qu’une association orale, peu coûteuse, composée d’un antitussif courant, d’un nootrope et d’un complément phytothérapeutique pourrait offrir des effets glutamatergiques comparables à ceux de la kétamine chez des patients atteints de TOC intolérants aux traitements conventionnels ; toutefois, des études contrôlées sont nécessaires pour confirmer l’efficacité et la sécurité de cette approche.

Attention, il ne s'agit ici que d'un cas, donc tout ça peut être tout à fait hasardeux, ça reste à confirmer comme souligné par les auteurs eux mêmes. 

3. A randomized clinical trial of repeated doses of psilocybin for the treatment of obsessive-compulsive disorder 

J Psychopharmacol. 2026 Mar 13:2698811261424214. doi: 10.1177/02698811261424214.

Titre en français: Essai randomisé de prise de psilocybine dans le TOC

Les traitements actuels du trouble obsessionnel-compulsif (TOC), incluant les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et la thérapie cognitivo-comportementale, sont souvent insuffisants. La psilocybine, un psychédélique agoniste des récepteurs 5-HT2A, a montré des résultats prometteurs dans le traitement du TOC, mais des preuves rigoureuses restent nécessaires. Cet essai clinique randomisé visait à évaluer la sécurité, la tolérance et les bénéfices de doses répétées de psilocybine chez des patients atteints de TOC. Quinze participants ont été randomisés pour recevoir quatre séances hebdomadaires de psilocybine à forte dose (300 µg/kg), à faible dose (100 µg/kg) ou un placebo actif (lorazépam), dans une phase 1 en double aveugle (n = 5 par groupe), suivie de quatre séances supplémentaires à forte dose (phase 2 en simple aveugle). La sévérité du TOC a été évaluée à l’aide de la Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (Y-BOCS) après chaque séance, puis prospectivement pendant 6 mois. La sécurité a été évaluée via un recueil systématique des effets indésirables, une évaluation de la sévérité du risque suicidaire et un dépistage des symptômes psychotiques. La psilocybine a été globalement bien tolérée, sans événements indésirables graves, sans symptômes psychotiques et sans modification significative des scores de sévérité suicidaire. La psilocybine, contrairement au placebo, a significativement réduit les scores Y-BOCS. À la fin des 8 semaines de traitement, après au moins quatre administrations à forte dose, 73,3 % des participants étaient répondeurs (réduction ≥ 35 % du score Y-BOCS), dont 40 % en rémission. Ces effets diminuaient avec le temps mais restaient substantiels à 6 mois. Une analyse post hoc a montré une corrélation entre la dose cumulée et la réduction des scores Y-BOCS en fin de traitement. L’administration de jusqu’à huit doses de psilocybine dans un cadre de recherche clinique semble sûre et potentiellement efficace chez des patients atteints de TOC. Des essais de plus grande ampleur sont nécessaires pour confirmer l’efficacité et affiner les protocoles thérapeutiques.

4. A rapid clinical response to etifoxine in treatment-resistant obsessive-compulsive disorder: a case report of a patient with comorbid bipolar disorder 

Ther Adv Psychopharmacol. 2026 Mar 15:16:20451253261429968. doi: 10.1177/20451253261429968

Titre en français: Réponse clinique à l'etifowine dans le TOC résistant: le cas d'un patient avec trouble bipolaire comorbide

Ce cas clinique décrit la réponse clinique rapide à l’étifoxine, un ligand oral de la protéine translocatrice de 18 kDa (TSPO), chez un patient présentant un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) sévère et résistant aux traitements, avec un trouble bipolaire de type I comorbide. Malgré de nombreux traitements pharmacologiques antérieurs et des interventions neurochirurgicales, le patient a présenté une amélioration significative des symptômes en quelques jours après l’instauration de l’étifoxine (le score à la Yale-Brown Obsessive-Compulsive Scale [Y-BOCS] est passé de 50 à 29). Ce cas met en évidence l’étifoxine comme une option thérapeutique potentielle innovante dans le TOC résistant et souligne la nécessité de recherches supplémentaires sur les ligands du TSPO dans ce contexte.

Là encore il ne d'agit que d'un cas, tout ça peut être lié au hasard, une véritable étude est nécessaire. De plus, un score de 50 est pour le moins étonnant dans la YBOCS, quand on sait que le score maximum est de 40... Donc tout ça est vraiment à prendre avec des pincettes.

5. Homework adherence in exposure-based CBT for youth with obsessive-compulsive disorder: Clinical outcomes and predictors across treatment

Behav Res Ther. 2026 Apr 20:202:105050. doi: 10.1016/j.brat.2026.105050.

Titre en français: Adhésion aux devoirs dans la TCC chez les jeunes souffrant de TOC

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) basée sur l’exposition constitue le traitement de première intention du trouble obsessionnel-compulsif (TOC) pédiatrique, mais tous les jeunes n’y répondent pas pleinement. Bien que plusieurs facteurs puissent influencer la réponse à la TCC, l’adhésion aux devoirs thérapeutiques constitue une cible modifiable susceptible d’améliorer les résultats du traitement. Cette étude examine la relation entre l’adhésion aux devoirs et les résultats cliniques dans un large échantillon de jeunes atteints de TOC ayant bénéficié d’une TCC basée sur l’exposition. Au total, 137 jeunes âgés de 7 à 17 ans (M = 12,42 ; ET = 2,88) ont participé à un essai contrôlé randomisé de TCC d’exposition. L’adhésion aux devoirs a été suivie chaque semaine, et la sévérité du TOC a été évaluée par des évaluateurs indépendants, en aveugle des conditions de traitement, à l’aide d’échelles de référence. Des modèles de régression linéaire et logistique à effets mixtes ont été utilisés pour examiner la relation entre l’adhésion aux devoirs, la réduction de la sévérité du TOC, la réponse au traitement et la rémission clinique en fin de traitement. Des analyses complémentaires ont exploré les différences entre l’adhésion précoce et tardive aux devoirs. Enfin, les prédicteurs cliniques initiaux de l’adhésion aux devoirs ont été étudiés. Une relation prédictive significative a été observée entre une meilleure adhésion aux devoirs et une réduction plus importante de la sévérité du TOC, une probabilité plus élevée de réponse au traitement et une probabilité accrue de rémission clinique en fin de traitement. Une meilleure adhésion tardive au cours du traitement — par opposition à une adhésion précoce — était le facteur le plus déterminant pour prédire des résultats cliniques positifs. La présence d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) comorbide constituait un prédicteur significatif d’une moindre adhésion aux devoirs. Dans l’ensemble, ces résultats mettent en évidence une cible thérapeutique modifiable susceptible d’améliorer les résultats de la TCC basée sur l’exposition.

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