Veille Bibliographique 2026

Veille de la bibliographie internationale - 2026

Clinique et phénoménologie

1. Biopsychosocial correlates of active suicidal ideation in obsessive-compulsive disorder 

Psychiatry Res. 2026 May:359:117034. doi: 10.1016/j.psychres.2026.117034.

Titre en français: Corrélats biopsychosociaux de la présence d'idées suicidaire dans le TOC

Une ISA (idée suicidaire) a été rapportée par 33,3 % des participants. Les analyses univariées et stratifiées ont révélé des niveaux significativement plus élevés d’estradiol (E2) chez les individus présentant une ISA, en particulier chez les hommes. L’analyse de réseau a montré que l’ISA était directement connectée à la sévérité de l’anxiété, à l’E2, à l’insight et au statut économique. L’E2 présentait la centralité la plus élevée dans le réseau. Le modèle multivarié a identifié la sévérité de l’anxiété (OR = 2,77, p = 0,001), l’insight (OR = 3,16, p = 0,036) et l’E2 (OR = 1,68, p = 0,061) comme principaux prédicteurs. Le modèle a atteint une AUC de 0,769, augmentant à 0,857 dans l’analyse de sensibilité appariée.
L’ISA dans le TOC résulte de mécanismes affectifs, cognitifs et biologiques interconnectés. L’intégration de facteurs hormonaux et liés à la perception de soi dans l’évaluation du risque suicidaire pourrait améliorer cette évaluation, l’E2 étant identifié comme un biomarqueur potentiel, en particulier chez les hommes.

2. Risk-aversion with both high and low ambiguity: Elevated OCD symptom severity and intolerance of uncertainty are associated with less risk-taking in an OCD patient sub-sample 

J Obsessive Compuls Relat Disord. 2025 Jul:46:100955. doi: 10.1016/j.jocrd.2025.100955

Titre en français: Une sévérité du TOC plus importante ainsi qu'une plus forte intolérance à l'incertitude son associées au fait de prendre moins de risque chez les patients TOC

Dans les contextes cliniques, les patients atteints de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) sont généralement averses au risque, en particulier en situation d’incertitude. Toutefois, la littérature examinant la prise de risque dans le TOC est contradictoire, et les études comparant directement la prise de risque dans des conditions de forte versus faible ambiguïté sont rares. Dans la présente étude, 60 participants (30 patients avec TOC et 30 témoins sans trouble psychiatrique) ont réalisé une version modifiée de la Balloon Analogue Risk Task (BART), dans laquelle ils « gonflaient » un ballon virtuel et gagnaient cinq centimes à chaque pression ; cependant, si le ballon éclatait, ils perdaient l’argent accumulé lors de ce tour. La tâche comportait deux niveaux d’ambiguïté : le niveau de risque de chaque ballon (c’est-à-dire la probabilité d’explosion) était soit affiché visuellement (faible ambiguïté), soit inconnu (forte ambiguïté). La variable de résultat était le nombre moyen de pressions pour les ballons n’ayant pas explosé, des scores plus élevés indiquant une plus grande prise de risque. Un effet principal de l’ambiguïté a été observé, les participants prenant davantage de risques dans la version à faible ambiguïté du BART comparée à la version à forte ambiguïté. Contrairement aux hypothèses, aucune interaction entre le niveau d’ambiguïté et le groupe diagnostique n’a été mise en évidence. Au sein du groupe TOC, toutefois, l’intolérance à l’incertitude, la sévérité des symptômes du TOC, l’anxiété de trait et la sévérité de la dépression étaient négativement associées à la prise de risque. En l’absence d’un groupe contrôle clinique, il n’est pas possible de déterminer la spécificité de ces effets au TOC. Le plan expérimental intra-sujets pourrait avoir contribué à des effets de report (carryover). Ces résultats soulignent l’importance d’une évaluation dimensionnelle des symptômes, au-delà de la simple présence ou absence d’un diagnostic, pour prédire l’aversion au risque dans le TOC.

3. (No) attentional biases in obsessive-compulsive disorder? An eye-tracking study using idiosyncratic stimulus material 

J Psychopathol Clin Sci. 2026 Apr;135(3):357-376. doi: 10.1037/abn0001071. Epub 2026 Mar 9

Titre en français: (aucun) biais attentionel dans le TOC? 

Les théories cognitivo-comportementales proposent que les biais attentionnels contribuent au développement et au maintien du trouble obsessionnel-compulsif (TOC). Cependant, les résultats de recherche sont incohérents : certaines études soutiennent l’existence d’un biais de vigilance (c’est-à-dire une orientation rapide vers des stimuli menaçants) et/ou d’un biais de maintien (c’est-à-dire une difficulté à se désengager de stimuli menaçants), tandis que d’autres ne mettent en évidence qu’un seul de ces biais, voire aucun. Ces incohérences pourraient être liées à plusieurs limites des études antérieures (par exemple, l’absence de groupes contrôles cliniques, la focalisation sur des sous-groupes de patients atteints de TOC, ou encore l’utilisation de stimuli génériques liés au TOC). Ainsi, cette étude préenregistrée visait à clarifier les biais attentionnels dans le TOC à l’aide d’un paradigme de suivi oculaire en vision libre, utilisant des stimuli idiosyncratiques pertinents pour le trouble. Les participants comprenaient 51 individus atteints de TOC, 64 témoins non cliniques et 50 individus présentant une phobie des araignées servant de groupe contrôle clinique. Les résultats ne soutiennent pas l’existence d’un biais de vigilance dans le TOC : les participants avec TOC n’étaient ni plus rapides ni plus susceptibles de fixer en premier les stimuli pertinents pour le TOC. Bien qu’un biais de maintien ait été observé, celui-ci était lié à une évitement des images négatives plutôt qu’à une attention prolongée portée aux stimuli spécifiques au TOC. En revanche, les participants présentant une phobie des araignées évitaient stratégiquement les images d’araignées, indiquant des profils attentionnels différents de ceux observés dans le TOC. Des analyses exploratoires ont mis en évidence des profils attentionnels spécifiques aux symptômes : les participants avec TOC évitaient les images liées à la contamination, tandis qu’un biais de maintien était observé pour les stimuli liés à la vérification. Ces résultats soulignent l’importance de prendre en compte les profils symptomatiques individuels ainsi que la signification émotionnelle des stimuli dans les recherches futures. Notre étude suggère que les processus attentionnels dans le TOC diffèrent de ceux observés dans les troubles anxieux et remet en question l’applicabilité des modèles anxieux des biais attentionnels au TOC.

4. Recommended Medical Investigations in Pediatric Acute-Onset Neuropsychiatric Syndrome 

JAMA Netw Open. 2026 Mar 2;9(3):e262618. doi: 10.1001/jamanetworkopen.2026.2618

Titre en français: Investigations médicales recommandées dans le PANS

En préamble, cette étude est extrêmement importante pour les parents se posant la question d'un PANS chez leur enfant. La présence (ou l'absence) de tests biologiques anormaux ne permettent que difficilement de conclure à la présence d'un PANS. Aujourd'hui, avec les limites actuelles, la clinique compte avant tout. 

L’utilité clinique des examens biologiques et médicaux complets actuellement recommandés chez les enfants présentant un syndrome neuropsychiatrique aigu d’apparition pédiatrique (PANS) reste incertaine. Notamment, les comparaisons avec des patients psychiatriques témoins pertinents sans suspicion de physiopathologie immunologique font défaut. Cette étude cas-témoins a recruté des enfants (âgés de 4 à 18 ans) atteints de PANS ainsi que des enfants présentant un TOC idiopathique et/ou des troubles ticques (groupe contrôle) dans des cliniques spécialisées dans le PANS et le TOC à Stockholm, en Suède, entre le 1er janvier 2020 et le 19 septembre 2023. Les analyses de données ont été réalisées entre le 16 juin 2024 et le 19 août 2025. Conformément aux recommandations publiées pour le PANS, les évaluations comprenaient 56 paramètres biologiques issus d’analyses sanguines et de prélèvements de gorge. Des données supplémentaires provenant de l’analyse du liquide céphalorachidien, de l’imagerie par résonance magnétique cérébrale et de l’électroencéphalographie étaient disponibles pour un sous-groupe du groupe PANS. Les résultats biologiques ont été comparés entre les groupes PANS et contrôle. Parmi les 109 participants, le groupe PANS comprenait 51 enfants (âge moyen [ET] : 10,2 [3,4] ans ; 34 garçons [66,7 %]) et le groupe contrôle 58 enfants (âge moyen [ET] : 13,6 [3,1] ans ; 29 garçons [50,0 %]). Presque tous les participants présentaient au moins une anomalie biologique (44 [86,3 %] dans le groupe PANS et 56 [96,6 %] dans le groupe contrôle), sans différence significative entre les groupes. La majorité des participants du groupe PANS présentait au moins trois anomalies biologiques, tandis que la majorité du groupe contrôle en présentait quatre ou plus. Un participant du groupe PANS a été diagnostiqué avec une maladie cœliaque ; un autre présentait des signes électroencéphalographiques d’activité neuro-inflammatoire sans diagnostic formel avant l’évaluation PANS. Des anomalies incidentes sans conséquence clinique étaient fréquentes. Dans cette étude cas-témoins portant sur des enfants atteints de PANS et de TOC idiopathique et/ou de troubles ticques, les anomalies biologiques étaient fréquentes dans les deux groupes et ne différaient pas significativement. L’ensemble des investigations médicales recommandées identifie rarement des affections somatiques sous-jacentes chez les enfants avec PANS. Ces résultats remettent en question l’utilité clinique des explorations médicales complètes et coûteuses actuellement recommandées chez les enfants suspectés de PANS.

5. Heightened Distraction under Competition in Obsessive-Compulsive Disorder 

bioRxiv [Preprint]. 2026 Mar 17:2026.03.15.711932. doi: 10.64898/2026.03.15.711932

Titre en français: Augmentation de la distractibilité en situation de compétition dans le trouble obsessionnel-compulsif

Cette étude a examiné dans quelle mesure les ressources attentionnelles sont allouées à des indices pertinents pour la tâche en présence de distracteurs émotionnels et spécifiques au trouble chez des participants atteints de TOC (N = 33) et des participants témoins (N = 31). Les potentiels évoqués visuels en régime permanent (steady-state visual evoked potentials, ssVEPs) en réponse aux indices pertinents pour la tâche ont été étudiés à l’aide d’une tâche au premier plan dans laquelle les participants devaient détecter un mouvement cohérent dans un champ de points aléatoires scintillants (random dot kinematogram, RDK), superposé à des images distractrices naturalistes variant en contenu émotionnel (agréable, neutre, désagréable et images évoquant le TOC). Les enveloppes d’amplitude des ssVEPs en réponse au stimulus de mouvement ont servi d’indice de l’engagement visuocortical envers les indices pertinents pour la tâche. Les données ont également été ajustées au modèle de distraction sous compétition (distraction under competition, DUC), un cadre computationnel de la sélection attentionnelle. Des différences entre groupes ont été observées, avec des effets de compétition visuocorticale plus marqués (traduisant un engagement réduit dans la tâche) dans le groupe TOC, principalement induits par les images désagréables, suivies des images évoquant le TOC. Par ailleurs, le modèle DUC s’ajustait bien aux données dans les deux groupes, mettait en évidence la prédominance de la compétition visuocorticale en réponse aux images désagréables et révélait la présence d’une compétition substantielle en réponse aux images évoquant le TOC dans le groupe TOC.

6. Functionality in Clinically Recovered Subjects with Obsessive-Compulsive Disorder: A Case-Control Study: Capacité fonctionnelle des sujets atteints d'un trouble obsessionnel-compulsif qui obtiennent un rétablissement clinique - Étude cas-témoins

Can J Psychiatry. 2026 Apr 21:7067437261442377. doi: 10.1177/07067437261442377.

Titre en français: Fonctionnement chez les sujets ayant soufferts de TOC mais depuis guéris (remarquez que cette étude est issue d'un journal canadien, ils ont donc déjà traduit le titre eux même, surement mieux que moi!)

Une proportion de patients atteints de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) parvient à une rémission clinique. Toutefois, les recherches sur le rétablissement fonctionnel des patients cliniquement rétablis restent limitées. Cette étude examine le fonctionnement des sujets atteints de TOC en rémission clinique en comparaison avec des témoins sains (HC). Des patients ayant obtenu une rémission clinique du TOC (n = 102) ont été comparés à des témoins sains (n = 52) en termes de fonctionnement global, de bien-être, de handicap et de qualité de vie (QdV), à l’aide de la Global Assessment of Functioning (GAF), de l’échelle de bien-être WHO-5, de la WHO Disability Assessment Schedule et de la version abrégée de la WHO Quality of Life. Les participants ont également bénéficié d’une évaluation neuropsychologique complète. Les patients avec TOC en rémission clinique présentaient un fonctionnement global plus faible, des scores de handicap plus élevés, une qualité de vie altérée dans le domaine environnemental, ainsi que des performances neuropsychologiques inférieures dans les domaines de la mémoire de travail et de l’inhibition de réponse, comparativement aux témoins sains. Dans l’analyse de corrélation de Spearman, un meilleur fonctionnement global chez les patients en rémission clinique était associé à une durée plus longue de rémission, à la mise en place d’une stratégie d’augmentation pharmacologique, à l’absence de thérapie cognitivo-comportementale, à des scores de handicap plus faibles, à un meilleur niveau de bien-être et à une meilleure qualité de vie globale. Les corrélats neuropsychologiques d’un meilleur fonctionnement incluaient une vitesse de traitement plus rapide et une meilleure précision dans les tâches de mémoire de travail. Dans une analyse de régression quantile (médiane) pas à pas, un meilleur fonctionnement était associé à un âge de début plus tardif, à une durée de rémission plus longue, à une vitesse de traitement plus rapide, à de meilleures performances en mémoire de travail, à des scores de handicap plus faibles et à une meilleure qualité de vie globale. Les patients atteints de TOC en rémission clinique présentent un fonctionnement global diminué. Le rétablissement fonctionnel pourrait être défini comme une rémission clinique associée à un score GAF > 70 (c’est-à-dire au plus une altération légère du fonctionnement et des symptômes minimes, voire absents). Il est important d’identifier les patients n’ayant pas atteint un rétablissement fonctionnel et de proposer des interventions adaptées, incluant la remédiation cognitive, afin d’améliorer les résultats fonctionnels.

7. Antibody Profiles in Pediatric Autoimmune Neuropsychiatric Disorders Associated with Streptococcal Infections

bioRxiv. 2026 May 14:2026.05.11.724168. doi: 10.64898/2026.05.11.724168

Titre en français: 7. Profils des anticorps dans le PANDAS

Le trouble neuropsychiatrique pédiatrique auto-immun associé aux infections à streptocoque (PANDAS) se caractérise par une apparition brutale, avant la puberté, d'un trouble obsessionnel-compulsif (TOC). Le critère indispensable (sine qua non) est une infection par un streptocoque du groupe A (SGA), qui est supposée déclencher une réponse immunitaire par des anticorps IgG dirigés contre le SGA, capables de réagir de manière croisée avec des antigènes des ganglions de la base. Toutefois, l'association entre les taux d'anticorps anti-SGA (IgG anti-SGA) et le PANDAS s'est révélée inconstante, et les différences qualitatives des profils d'IgG anti-SGA n'ont pas été étudiées de manière approfondie dans des cohortes soigneusement caractérisées. En outre, les études indépendantes n'ont pas encore permis d'identifier des auto-anticorps dirigés contre le système nerveux qui soient spécifiques du PANDAS. Bien que la réactivité contre le SGA mesurée par PhIP-Seq soit fortement corrélée aux titres cliniques d'anticorps anti-DNase B et anti-streptolysine O (ASLO), aucune différence quantitative ou qualitative des profils d'IgG anti-SGA n'a été observée entre les patients PANDAS et les témoins. De plus, les concentrations de NfL et de GFAP ne différaient pas entre les deux groupes. Chez les patients PANDAS, les variations des taux de NfL ou de GFAP à six semaines n'étaient pas différentes entre le groupe placebo et le groupe traité par IgIV. En revanche, le profilage des auto-anticorps présents dans le LCR par puce à protéines a mis en évidence des auto-anticorps candidats, rares mais intéressants. Chez un patient, nous avons identifié des auto-anticorps dirigés contre les protéines de la famille Argonaute (AGO-IgG), un marqueur connu de neuropathie sensitive auto-immune. Le suivi longitudinal des taux d'AGO-IgG dans le sérum a montré que ceux-ci restaient inchangés après placebo, mais diminuaient après traitement par IgIV, parallèlement à une amélioration clinique, notamment une diminution du score CY-BOCS de ce patient. Dans l'ensemble, ces résultats ne soutiennent pas l'hypothèse d'un rôle étiologique des IgG anti-streptocoque du groupe A dans le PANDAS. En revanche, ils suggèrent que certains patients diagnostiqués comme atteints de PANDAS pourraient présenter des auto-anticorps dirigés contre le système nerveux.

8. Metacognitive Belief Profiles Across OCD Symptom Dimensions: A Systematic Review and Clinical Implications for Personalised Treatment

J Clin Med. 2026 May 7;15(10):3586. doi: 10.3390/jcm15103586

Titre en français: 8. Profils des croyances métacognitives selon les dimensions du TOC

Dix études, incluant 1 320 adultes atteints de TOC, ont été retenues. Ces études ont été menées dans cinq pays entre 2010 et 2025. Les croyances négatives concernant l'incontrôlabilité et le danger des pensées (MCQ-30 NB) sont celles qui présentaient les associations les plus étendues dans l'ensemble des études, en particulier avec les dimensions vérification/évitement du danger et pensées inacceptables. Les croyances de fusion de la pensée (Thought-Action Fusion / Thought Fusion Inventory ; TAF/TFI) étaient les plus systématiquement associées aux dimensions vérification/évitement du danger et pensées inacceptables. Les croyances concernant les rituels et les critères d'arrêt (Beliefs About Rituals Inventory / Stop-Signal Questionnaire ; BARI/SSQ) étaient principalement associées à la dimension symétrie/ordre. En revanche, les dimensions contamination/lavage et thésaurisation (hoarding) présentaient des profils métacognitifs plus faibles et moins cohérents. Les données actuellement disponibles suggèrent que les profils de croyances métacognitives dans le TOC ne sont pas homogènes d'une dimension symptomatique à l'autre.

9. Unbiased autoantibody screening using nucleic acid protein programmable array in pediatric autoimmune neuropsychiatric disorder associated with streptococcal infections

Front Behav Neurosci. 2026 Apr 29:20:1774848. doi: 10.3389/fnbeh.2026.1774848

Titre en français: Screening non biaisé des auto-anticorps dans les troubles neuropsychiatriques autoimmun associés aux infections streptococcal

Dans un premier temps, nous avons comparé des enfants atteints de PANDAS à des patients présentant un trouble du spectre de l'autisme (TSA) et avons identifié 1 235 cibles protéiques non chevauchantes. Ces cibles ont ensuite été utilisées pour réaliser un second criblage d'échantillons provenant de patients atteints de PANDAS, de TSA et de témoins sains (HC). Lors de ce second criblage, 117 cibles auto-antigéniques ont été détectées exclusivement chez les patients PANDAS et étaient absentes des groupes TSA et témoins sains. Toutefois, les profils d'auto-anticorps étaient très hétérogènes : 67,5 % des cibles positives chez les patients PANDAS n'étaient reconnues que chez un seul patient, et aucun auto-antigène individuel ni aucun panel combinant plusieurs protéines n'a permis une discrimination diagnostique fiable après validation croisée rigoureuse. Les cibles permettant de distinguer le PANDAS des témoins sains échouaient, dans une large mesure, à différencier le PANDAS du TSA, et inversement, ce qui suggère que le diagnostic fondé sur les auto-anticorps est limité par une réactivité immunitaire commune à plusieurs troubles neuropsychiatriques. Malgré ces performances diagnostiques limitées, l'analyse d'enrichissement fonctionnel a montré que les cibles spécifiques du PANDAS étaient significativement enrichies en facteurs de transcription, régulateurs de l'apoptose, modificateurs de la chromatine et de l'épigénétique, protéines impliquées dans le développement du système nerveux et molécules de régulation immunitaire. La majorité de ces protéines étaient intracellulaires et présentaient un enrichissement en régions intrinsèquement désordonnées (intrinsically disordered regions).Ces résultats confortent l'hypothèse selon laquelle l'auto-immunité et le phénomène d'extension épitopique (epitope spreading) constituent des caractéristiques du PANDAS. Toutefois, ils indiquent également que la grande hétérogénéité de la réponse humorale représente un obstacle majeur au développement d'un diagnostic sérologique fiable. Des études futures portant sur des cohortes plus importantes et utilisant des approches complémentaires seront nécessaires afin de déterminer si des signatures d'auto-anticorps peuvent, à terme, présenter une utilité clinique.

Traitements

1. Agmatine augmentation in treatment-resistant obsessive-compulsive disorder: a prospective open-label case series 

Front Psychiatry. 2026 Feb 4:17:1745041. doi: 10.3389/fpsyt.2026.1745041.

Titre en français: Augmentation du traitement par Agmatine dans le TOC résistant

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) reste résistant au traitement chez 40 à 60 % des patients malgré des essais adéquats d’inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de thérapie cognitivo-comportementale. Un dysfonctionnement glutamatergique au sein des circuits cortico-striato-thalamo-corticaux a émergé comme un mécanisme physiopathologique clé, incitant à l’étude de modulateurs glutamatergiques comme stratégies d’augmentation. Ici est présentée une série de cas prospective en ouvert, menée entre mai 2025 et novembre 2025, chez cinq adultes (âgés de 28 à 54 ans) présentant un TOC résistant au traitement, ayant échoué à plusieurs essais d’inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et à au moins une stratégie d’augmentation. Tous les patients ont reçu du sulfate d’agmatine, initié à 650 mg/jour puis augmenté à 1300 mg/jour après une semaine, en association avec des doses stables d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. La sévérité du TOC a été évaluée à l’aide de l’échelle Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (Y-BOCS), mesurée à l’inclusion et à plusieurs points de suivi sur une période de 112 jours. Le critère principal était la variation du score Y-BOCS par rapport à l’inclusion. Une modélisation de type décroissance exponentielle a mis en évidence une réduction progressive des symptômes avec une demi-vie de 16,4 jours. Deux patients sur cinq (40 %) ont présenté une amélioration cliniquement significative (réduction ≥ 25 % du score Y-BOCS). L’agmatine a été bien tolérée, sans arrêt de traitement lié à des effets indésirables. Des symptômes gastro-intestinaux transitoires et légers ont été observés chez deux patients. Cette série de cas fournit des données préliminaires suggérant la sécurité et une efficacité potentielle de l’agmatine comme traitement d’augmentation dans le TOC résistant. Le profil de réponse progressive et le taux de répondeurs de 40 % justifient la réalisation d’essais contrôlés afin de confirmer l’efficacité et d’identifier les prédicteurs de réponse au traitement.

Attention, il ne s'agit que d'une série de cas, il faut encore confirmer ces résultats avec de vraies études. 

2. Marked Improvement in Treatment-Intolerant Obsessive-Compulsive Disorder in an Adolescent Using a Glutamatergic Regimen With Dextromethorphan, Piracetam, and Goldenseal Root 

Cureus. 2026 Mar 3;18(3):e104617. doi: 10.7759/cureus.104617

Titre en français: Amélioration marquée d’un trouble obsessionnel-compulsif chez un adolescent intolérant aux traitements, grâce à un protocole glutamatergique associant dextrométhorphane, piracétam et racine d’hydraste du Canada

Un garçon de 16 ans présentant un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) sévère, caractérisé par des obsessions centrées sur la santé, des ruminations intrusives, une déréalisation et une altération fonctionnelle importante, n’a pas toléré les traitements sérotoninergiques standards (escitalopram, fluoxétine) ni le bupropion, en raison d’une aggravation de l’anxiété, de préoccupations somatiques ou de céphalées. Un protocole glutamatergique oral a été initié, comprenant du dextrométhorphane 30 mg/jour pour son antagonisme des récepteurs N-méthyl-D-aspartate (NMDA), du piracétam 1 200 mg/jour pour la modulation des récepteurs AMPA, et un extrait de racine d’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) 600 mg/jour en tant qu’inhibiteur botanique du CYP2D6 afin de prolonger l’exposition au dextrométhorphane, associé à de faibles doses de prégabaline, rispéridone et aripiprazole en soutien complémentaire. Dans les quatre semaines suivant l’ajout de l’hydraste, les symptômes se sont nettement améliorés, atteignant des seuils de rémission : le score au Patient Health Questionnaire-9 (PHQ-9) a diminué à 2, le score GAD-7 à 3, les pensées obsessionnelles et la déréalisation ont disparu, les céphalées ont cessé, et une fréquentation scolaire complète ainsi qu’un fonctionnement normal ont été retrouvés. Ces bénéfices ont persisté pendant deux mois, sans effets indésirables liés à l’hydraste. Ce cas suggère qu’une association orale, peu coûteuse, composée d’un antitussif courant, d’un nootrope et d’un complément phytothérapeutique pourrait offrir des effets glutamatergiques comparables à ceux de la kétamine chez des patients atteints de TOC intolérants aux traitements conventionnels ; toutefois, des études contrôlées sont nécessaires pour confirmer l’efficacité et la sécurité de cette approche.

Attention, il ne s'agit ici que d'un cas, donc tout ça peut être tout à fait hasardeux, ça reste à confirmer comme souligné par les auteurs eux mêmes. 

3. A randomized clinical trial of repeated doses of psilocybin for the treatment of obsessive-compulsive disorder 

J Psychopharmacol. 2026 Mar 13:2698811261424214. doi: 10.1177/02698811261424214.

Titre en français: Essai randomisé de prise de psilocybine dans le TOC

Les traitements actuels du trouble obsessionnel-compulsif (TOC), incluant les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et la thérapie cognitivo-comportementale, sont souvent insuffisants. La psilocybine, un psychédélique agoniste des récepteurs 5-HT2A, a montré des résultats prometteurs dans le traitement du TOC, mais des preuves rigoureuses restent nécessaires. Cet essai clinique randomisé visait à évaluer la sécurité, la tolérance et les bénéfices de doses répétées de psilocybine chez des patients atteints de TOC. Quinze participants ont été randomisés pour recevoir quatre séances hebdomadaires de psilocybine à forte dose (300 µg/kg), à faible dose (100 µg/kg) ou un placebo actif (lorazépam), dans une phase 1 en double aveugle (n = 5 par groupe), suivie de quatre séances supplémentaires à forte dose (phase 2 en simple aveugle). La sévérité du TOC a été évaluée à l’aide de la Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (Y-BOCS) après chaque séance, puis prospectivement pendant 6 mois. La sécurité a été évaluée via un recueil systématique des effets indésirables, une évaluation de la sévérité du risque suicidaire et un dépistage des symptômes psychotiques. La psilocybine a été globalement bien tolérée, sans événements indésirables graves, sans symptômes psychotiques et sans modification significative des scores de sévérité suicidaire. La psilocybine, contrairement au placebo, a significativement réduit les scores Y-BOCS. À la fin des 8 semaines de traitement, après au moins quatre administrations à forte dose, 73,3 % des participants étaient répondeurs (réduction ≥ 35 % du score Y-BOCS), dont 40 % en rémission. Ces effets diminuaient avec le temps mais restaient substantiels à 6 mois. Une analyse post hoc a montré une corrélation entre la dose cumulée et la réduction des scores Y-BOCS en fin de traitement. L’administration de jusqu’à huit doses de psilocybine dans un cadre de recherche clinique semble sûre et potentiellement efficace chez des patients atteints de TOC. Des essais de plus grande ampleur sont nécessaires pour confirmer l’efficacité et affiner les protocoles thérapeutiques.

4. A rapid clinical response to etifoxine in treatment-resistant obsessive-compulsive disorder: a case report of a patient with comorbid bipolar disorder 

Ther Adv Psychopharmacol. 2026 Mar 15:16:20451253261429968. doi: 10.1177/20451253261429968

Titre en français: Réponse clinique à l'etifowine dans le TOC résistant: le cas d'un patient avec trouble bipolaire comorbide

Ce cas clinique décrit la réponse clinique rapide à l’étifoxine, un ligand oral de la protéine translocatrice de 18 kDa (TSPO), chez un patient présentant un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) sévère et résistant aux traitements, avec un trouble bipolaire de type I comorbide. Malgré de nombreux traitements pharmacologiques antérieurs et des interventions neurochirurgicales, le patient a présenté une amélioration significative des symptômes en quelques jours après l’instauration de l’étifoxine (le score à la Yale-Brown Obsessive-Compulsive Scale [Y-BOCS] est passé de 50 à 29). Ce cas met en évidence l’étifoxine comme une option thérapeutique potentielle innovante dans le TOC résistant et souligne la nécessité de recherches supplémentaires sur les ligands du TSPO dans ce contexte.

Là encore il ne d'agit que d'un cas, tout ça peut être lié au hasard, une véritable étude est nécessaire. De plus, un score de 50 est pour le moins étonnant dans la YBOCS, quand on sait que le score maximum est de 40... Donc tout ça est vraiment à prendre avec des pincettes.

5. Homework adherence in exposure-based CBT for youth with obsessive-compulsive disorder: Clinical outcomes and predictors across treatment

Behav Res Ther. 2026 Apr 20:202:105050. doi: 10.1016/j.brat.2026.105050.

Titre en français: Adhésion aux devoirs dans la TCC chez les jeunes souffrant de TOC

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) basée sur l’exposition constitue le traitement de première intention du trouble obsessionnel-compulsif (TOC) pédiatrique, mais tous les jeunes n’y répondent pas pleinement. Bien que plusieurs facteurs puissent influencer la réponse à la TCC, l’adhésion aux devoirs thérapeutiques constitue une cible modifiable susceptible d’améliorer les résultats du traitement. Cette étude examine la relation entre l’adhésion aux devoirs et les résultats cliniques dans un large échantillon de jeunes atteints de TOC ayant bénéficié d’une TCC basée sur l’exposition. Au total, 137 jeunes âgés de 7 à 17 ans (M = 12,42 ; ET = 2,88) ont participé à un essai contrôlé randomisé de TCC d’exposition. L’adhésion aux devoirs a été suivie chaque semaine, et la sévérité du TOC a été évaluée par des évaluateurs indépendants, en aveugle des conditions de traitement, à l’aide d’échelles de référence. Des modèles de régression linéaire et logistique à effets mixtes ont été utilisés pour examiner la relation entre l’adhésion aux devoirs, la réduction de la sévérité du TOC, la réponse au traitement et la rémission clinique en fin de traitement. Des analyses complémentaires ont exploré les différences entre l’adhésion précoce et tardive aux devoirs. Enfin, les prédicteurs cliniques initiaux de l’adhésion aux devoirs ont été étudiés. Une relation prédictive significative a été observée entre une meilleure adhésion aux devoirs et une réduction plus importante de la sévérité du TOC, une probabilité plus élevée de réponse au traitement et une probabilité accrue de rémission clinique en fin de traitement. Une meilleure adhésion tardive au cours du traitement — par opposition à une adhésion précoce — était le facteur le plus déterminant pour prédire des résultats cliniques positifs. La présence d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) comorbide constituait un prédicteur significatif d’une moindre adhésion aux devoirs. Dans l’ensemble, ces résultats mettent en évidence une cible thérapeutique modifiable susceptible d’améliorer les résultats de la TCC basée sur l’exposition.

6. Predictors of deep brain stimulation response in patients with obsessive compulsive disorder: a systematic review and meta-analysis

Sci Rep. 2026 Jun 4;16(1):17357.doi: 10.1038/s41598-026-54929-8. 

Titre en français: Les prédicteurs de la réponse à la stimulation cérébrale profonde chez les patients TOC: une méta-analyse

Cette étude a montré qu'une sévérité initiale plus élevée des symptômes du TOC prédisait significativement une probabilité accrue de réponse à long terme à la stimulation cérébrale profonde (SCP). À l'inverse, l'utilisation d'antipsychotiques et d'antidépresseurs était associée à une moins bonne réponse thérapeutique, tandis que l'utilisation d'anxiolytiques semblait favoriser une amélioration à court terme. Les profils symptomatiques compulsifs dominés par la symétrie, la thésaurisation (hoarding) et le perfectionnisme étaient associés à une absence de réponse au traitement. En revanche, la présence de symptômes d'agressivité, de pensées intrusives, ainsi que d'une symptomatologie marquée par l'anxiété, la peur et l'évitement, était associée à une réponse favorable à la stimulation cérébrale profonde.

7. Clinical symptoms and cognitive functioning following adjunctive N-acetylcysteine in obsessive-compulsive disorder: a double-blind, placebo-controlled trial

Commun Med (Lond). 2026 Jun 8.doi: 10.1038/s43856-026-01711-6

Titre en français: Symptômes cliniques et fonctionnement cognitif après ajout de N-acetylcystéine dans le TOC

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) ne répond souvent que partiellement aux traitements de première intention, tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). La N-acétylcystéine (NAC), un antioxydant modulant la neurotransmission glutamatergique, s'est révélée prometteuse comme traitement adjuvant. Dans cet essai clinique randomisé de 12 semaines, en double aveugle et contrôlé par placebo (IRCT20170123032145N7, enregistré le 08/06/2023), 35 adultes présentant un TOC modéré à sévère ont été répartis pour recevoir de la sertraline (200 mg/jour) associée soit à de la N-acétylcystéine (2400 mg/jour), soit à un placebo. Les symptômes cliniques ont été évalués à l'aide de l'échelle Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (Y-BOCS) au début de l'étude puis aux semaines 4, 8 et 12. Les fonctions cognitives ont été évaluées avant et après le traitement à l'aide du Wisconsin Card Sorting Test et du test d'attention D2. Cette étude pilote met en évidence une interaction significative Temps × Groupe pour le score total de la Y-BOCS (p < 0,005), le groupe NAC présentant une réduction des symptômes plus importante que le groupe placebo. L'effet est particulièrement marqué pour la sous-échelle des obsessions (p < 0,001), tandis que l'amélioration de la sous-échelle des compulsions est comparable entre les deux groupes. Le taux de réponse clinique (réduction ≥ 35 % du score Y-BOCS) est significativement plus élevé dans le groupe NAC (100 %) que dans le groupe placebo (92,6 %, p = 0,004). Les deux groupes montrent une amélioration des performances cognitives (vitesse de traitement et attention) au cours du temps, sans différence significative entre eux. Les effets indésirables sont légers et comparables entre les groupes. L'ajout de N-acétylcystéine pourrait améliorer la réponse clinique précoce dans le TOC, en particulier sur les obsessions, lorsqu'elle est associée à un traitement par ISRS à forte dose (sertraline). En revanche, aucun bénéfice cognitif n'est observé sur la période de 12 semaines. Ces résultats préliminaires soutiennent la bonne tolérance de la NAC et suggèrent qu'elle pourrait constituer un traitement adjuvant utile à court terme dans le TOC.

8. Efficacy of Dextromethorphan Augmentation in SSRI-Resistant Obsessive-Compulsive Disorder: A Randomized Controlled Trial

Health Sci Rep. 2026 May 5:9:e72055. doi: 10.1002/hsr2.72055

Titre en français: Effet de l'ajout de dextromethorphan chez les patients TOC résistants aux ISRS

Dans cet essai pilote randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, 40 adultes présentant un TOC modéré à sévère (score Y-BOCS > 16) et une réponse insuffisante à au moins 12 semaines de monothérapie par ISRS à dose adéquate ont été répartis pour recevoir soit du dextrométhorphane (15 mg deux fois par jour), soit un placebo identique, en complément de leur ISRS habituel, pendant 12 semaines. La sévérité des symptômes du TOC a été évaluée à l'aide de la Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (Y-BOCS) au début de l'étude, à la semaine 4 et à la semaine 12. Les caractéristiques démographiques et cliniques étaient comparables entre les deux groupes au départ. Le groupe DXM a présenté une diminution significative du score Y-BOCS, passant de 26,55 ± 6,19 à l'inclusion à 16,30 ± 6,94 à la semaine 12, tandis que le groupe placebo est resté relativement stable. L'ANOVA à mesures répétées a mis en évidence une interaction groupe × temps hautement significative (p < 0,001 ; η² partiel = 0,662), ainsi que des effets principaux significatifs du groupe (p = 0,042) et du temps (p < 0,001). Le dextrométhorphane a été bien toléré et aucun effet indésirable n'a été rapporté. Aucun critère de jugement secondaire n'a été évalué dans cette étude pilote. L'ajout de dextrométhorphane a permis de réduire significativement la sévérité des symptômes du TOC chez des patients présentant une réponse partielle aux ISRS, ce qui soutient son intérêt potentiel comme traitement adjuvant. Ces résultats justifient la réalisation d'essais de plus grande ampleur et de plus longue durée afin de confirmer son efficacité, de déterminer la posologie optimale et de mieux comprendre les mécanismes neurobiologiques impliqués.

9. Case Report: Repeated low doses of psilocybin reduce perceived symptom severity but fail to restore cognitive flexibility in a case of severe obsessive-compulsive disorder: an observational case study of identical twins

 Front Psychiatry. 2026 Apr 21:17:1819962. doi: 10.3389/fpsyt.2026.1819962

Titre en français: Un rapport de cas concernant l'efficacité de la psylocybon sur les symptômes mais pas sur la fléxibilité cognitive

Des recherches récentes sur des traitements alternatifs ont mis en évidence le potentiel thérapeutique des psychédéliques, notamment la psilocybine, dans diverses pathologies psychiatriques, y compris le TOC. Cette étude décrit l'expérience de l'un des jumeaux, atteint d'un TOC, qui a commencé un protocole de microdosage de champignons contenant de la psilocybine, tandis que son frère jumeau, indemne de TOC, a servi de sujet de comparaison. Le cas X avait reçu un diagnostic de TOC par un médecin généraliste au sein du système de santé danois. Après plusieurs années d'évolution d'un TOC sévère, il a entrepris un traitement en automédication consistant à consommer des champignons contenant de la psilocybine tous les trois jours, à une dose équivalente à 1 à 5 mg de psilocybine. L'autre jumeau, le cas Y, ne présentait pas de TOC et ne consommait pas de champignons contenant de la psilocybine. La flexibilité cognitive a été évaluée chez les deux participants à l'aide d'une tâche de changement de règle (set-shifting task). Le jumeau atteint a rapporté une réduction notable des symptômes du TOC, accompagnée d'une amélioration de la régulation émotionnelle et du bien-être général. Toutefois, malgré cette amélioration clinique, des déficits de flexibilité cognitive persistaient par rapport au jumeau non atteint. Attention, cette étude ne concerne qu'un seul cas, bien que spectaculaire, les résultats peuvent être liés au hasard ou à d'autres éléments non considérés sans rapport avec la prise de psilocybine, donc ne vous auto-médiquez pas comme ce qui est décrit ici, et si vous le faites malgré tout, assurez vous au moins d'être surveillé par un professionnel, de grave conséquences peuvent résulter d'une prise sauvage de psychotropes. 

10. Ketamine and Esketamine in Obsessive-Compulsive Disorder: A Scoping Review of Clinical and Mechanistic Evidence

 Pharmaceuticals (Basel). 2026 Apr 16;19(4):628. doi: 10.3390/ph19040628

Titre en français: Kétamine et eskétamine dans le TOC

La kétamine et l'eskétamine, antagonistes des récepteurs NMDA, possèdent des effets antidépresseurs rapides et suscitent ainsi un intérêt croissant comme traitements potentiels du TOC. Cette revue de portée (scoping review) avait pour objectif de cartographier et de synthétiser les données précliniques et cliniques disponibles concernant le potentiel thérapeutique de la kétamine et de l'eskétamine dans le TOC. Vingt et une études répondaient aux critères d'inclusion, dont cinq études précliniques et seize études cliniques. Les études cliniques indiquent que la kétamine peut entraîner une diminution rapide des symptômes obsessionnels, bien que les résultats demeurent hétérogènes. La majorité des essais ont évalué une administration unique, tandis que les données limitées disponibles suggèrent que des protocoles d'administrations répétées pourraient procurer un bénéfice clinique plus important. La kétamine et l'eskétamine apparaissent comme des interventions prometteuses à action rapide dans le traitement du TOC, en particulier chez les patients résistants aux traitements conventionnels. Toutefois, les preuves actuellement disponibles restent préliminaires et hétérogènes. De futures recherches devraient privilégier des essais randomisés de puissance statistique suffisante ainsi que l'évaluation de protocoles d'administrations répétées avec des périodes de suivi plus longues afin de déterminer leur efficacité et d'optimiser leur mise en œuvre en pratique clinique.

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