
Veille de la bibliographie internationale
L'année 2025 vient de s'écouler. Vous aurez ici l'essentiel de ce qui s'est passé cette année dans la recherche contre le TOC. C'est long et pas forcément très digeste, donc voila l'essentiel de 2025 en un court résumé:
1) Les symptômes du TOC peuvent changer : contamination/symétrie et lavage/vérification sont souvent stables, alors que les pensées agressives/religieuses/sexuelles “switchent” plus facilement entre elles.
2) Scolarité : même après traitement, des difficultés scolaires peuvent persister ; besoin fréquent d’un soutien éducatif en plus des soins.
3) TOC + TDAH : profil plus complexe, avec davantage de désengagement cognitif (rêveries/“brouillard”) → important de dépister et d’adapter la prise en charge.
4) Mode de vie : le tabac est associé à un TOC plus sévère ; l’activité physique pourrait améliorer le pronostic à 2 ans.
5) Nouveaux traitements : la tDCS montre des effets globalement favorables dans une méta-analyse, alors que certaines formes de TMS sont plus mitigées. Kétamine/psilocybine : signaux d’efficacité mais données limitées et prudence (effets indésirables possibles).
6) Observance : beaucoup de patients prennent les traitements de façon partielle, souvent par crainte d’effets secondaires ou doute d’efficacité → stratégies simples de routine utiles.
Pour plus de détails et plus de résultats, je vous laisse vous plonger dans la sélection des études 2025 les plus pertinentes. Bonne lecture! Vous trouverez un glossaire des termes techniques ici.
Clinique et phénoménologie
1. Executive Functioning, Family Accommodation, and Treatment Response in Youth with OCD and Comorbid ADHD in a Partial Hospital Program Child Psychiatry
Hum Dev. 2024 Nov 25. doi: 10.1007/s10578-024-01792-1.
Titre en français: Fonctionnement exécutif, accommodation familiale et réponse au traitement chez les jeunes souffrant de TOC avec TDAH comorbide
Cette étude s'est intéressée à 138 jeunes souffrant de TOC seulement et 102 souffrant de TOC avec un TDAH comorbide. Les résultats de cette étude suggérait une moins bonne réponse au traitement et de moins bonnes fonctions exécutives chez les TOC qui souffraient de TDAH comparés à ceux qui n'en souffraient pas. Par contre, aucune différence n'était notée entre les groupes concernant la sévérité des symptômes de base, l'atteinte fonctionnelle ou l'accommodation familiale.
2. Prevalence of obsessive-compulsive disorder in the older person: a systematic review and meta-analysis
BMC Geriatr. 2024 Oct 24;24(1):874. doi: 10.1186/s12877-024-05440-0
Titre en français: Prévalence du TOC chez les personnes âgées
La prévalence du TOC chez les patients de plus de 60 ans dans le monde est évaluée à 2.4%. La prévalence était la plus élevée en Asie avec environ 3.5% de TOC chez les personnes âgées.
3. Stability and transition likelihood of primary symptoms in adults with obsessive-compulsive disorder: A 5-year prospective follow-up study
J Affect Disord. 2025 Apr 3:S0165-0327(25)00563-4. doi: 10.1016/j.jad.2025.04.011
Titre en français: Stabilité et transition des symptômes TOC primaires chez l'adulte: un suivi sur 5 ans
107 patients adultes avec un TOC ont participé à cette étude. La Y-BOCS était réalisée lors de la première consultation, à 2 ans et à 5 ans. La stabilité des symptômes variaient à travers les catégories. Les obsessions de contamination, de symétrie et d'être responsable de blessures étaient généralement stables dans le temps, ainsi que les compulsions de lavages et de vérifications. A l'inverse, les obsessions diverses, somatiques, agressives, religieuses et sexuelles tendaient à se modifier avec le temps, ainsi que les compulsions de comptage, de répétitions et d'arrangements. Ainsi, les obsessions agressives, religieuses et sexuelles switchaient le plus souvent entre elles (obsession agressive devenant sexuelle par exemple). Globalement, la stabilité des symptômes diminuait au cours du temps.
4. No Impaired Inhibition of Stimulus-Driven Behavior in Pediatric Obsessive-Compulsive Disorder: a Partial Test of the Habit Formation Model
Res Child Adolesc Psychopathol. 2025 Mar;53(3):405-416. doi: 10.1007/s10802-025-01304-2.
Titre en français: Il n'existe pas d'atteinte de l'inhibition des comportements conduits par des buts dans le TOC de l'enfant: un test partiel du modèle de formation des habitudes
Les mécanismes qui sous tendent le TOC sont encore peu connus. Le modèle de formation des habitudes dans le TOC postule que les compulsions surviennent à partir d'un déséquilibre entre comportement dirigé vers un but et système des habitudes, déséquilibre qui proviendrait d'une inhibition perturbée des actions conduites par un stimulus. Dans cet article, les auteurs ont administré une tâche d'interférence qui teste la capacité à inhiber un comportement conduit par un stimulus à 67 jeunes patients souffrant de TOC, 43 jeunes patients souffrant de troubles anxieux divers et 48 jeunes ne souffrant d'aucun trouble. Les jeunes avec un TOC ne se différenciaient pas des patients anxieux et des sujets sans trouble sur aucune mesure. Les mesures n'étaient pas corrélées avec la sévérité du TOC. Ainsi, dans ce travail, aucune perturbation de l'inhibition du comportement conduit par un stimulus n'était retrouvée dans le TOC de l'enfant.
5. Cognitive disengagement syndrome symptoms in obsessive-compulsive disorder with and without attention deficit hyperactivity disorder
Nord J Psychiatry. 2025 May;79(4):264-271. doi: 10.1080/08039488.2025.2488386
Titre en français: Symptômes du syndrome de désengagement cognitif dans le TOC avec et sans TDAH
Le syndrome de désengagement cognitif était caractérisé pas des rêveries éveillées excessives. En plus des obsessions de contamination, du sexe masculin, et d'un haut niveau d'anxiété, de hauts niveaux de symptômes de désengagement cognitif étaient associés avec une comorbidité entre TOC et TDAH accrue.
6. The Impact of Pediatric Obsessive-Compulsive Disorder on School Attendance and School Functioning: A Case for Supported Education
Child Psychiatry Hum Dev. 2025 May 9. doi: 10.1007/s10578-025-01846-y
Titre en français: L'impact du TOC sur la scolarisation et le fonctionnement scolaire
Parmi 385 jeunes souffrant de TOC (13.7 ans d'âge moyen), 21.6% présentaient au moins un absentéisme partiel de l'école. Parmi ceux qui recevaient un traitement spécialisé, le devenir clinique était le même peu importait que les enfants présentaient ou non un absentéisme total ou partiel ou pas d'absentéisme du tout, bien que le dernier groupe nécessitait moins de nombres de séances de traitement et était moins à même de prendre un traitement psychotrope. Après le traitement du TOC, 10.5% des enfants présentaient toujours un absentéisme partiel ou total et 33.3% des parents rapportaient une atteinte scolaire significative, peu importe la réponse ou non au traitement.
7. Predictors of anorexia nervosa and obsessive-compulsive disorder comorbidity and order of diagnosis in a Danish national cohort
Int J Eat Disord. 2025 Jun 17. doi: 10.1002/eat.24486
Titre en français: Prédicteurs d'anorexie mentale et de TOC comorbide dans une cohorte nationale danoise.
En utilisant le registre national danois, 6500 individus souffrant d'anorexie et 9300 patients souffrant de TOC ont été examinés pour étudier le lien entre TOC et anorexie. Parmi les personnes souffrant d'anorexie, un poids faible à la naissance était associé avec un risque augmenté de TOC comorbide. Pour les sujets souffrant de TOC, une histoire de trouble du comportement alimentaire autre qu'anorexique était associé avec un risque augmenté de finalement développer une anorexie, alors que des troubles anxieux chez les apparentés au premier degrés était protecteur contre l'anorexie chez ses patients souffrant de TOC.
8. Frequency and impact of paediatric acute-onset neuropsychiatric syndrome/paediatric autoimmune neuropsychiatric disorders associated with streptococcal infections diagnosis in Canada
Paediatr Child Health. 2024 Dec 23;30(3):157-163. doi: 10.1093/pch/pxae092
Titre en français: Fréquence et impact des PANDAS/PANS au Canada
Cette étude a porté sur des enfants âges de 3 et 18 ans. 84 cas (57% de femmes, âge médian de début à 7.8 ans) avaient reçu le diagnostic de PANS/PANDAS. La prévalence était d'1 sur 60.000 personnes. Les critères diagnostiques clés du PANS/ÄNDAS (à savoir présence de TOC, tics ou anorexie) étaient absents dans 12% des cas. Seulement 22% des cas rapportaient un début brutal. 95% des patients présentaient au moins 2 symptômes neuropsychiatriques. Il y avait une différence significative concernant la certitude du diagnostic entre les médecins et les familles. Cette étude souligne les difficultés importantes de diagnostiques voire l'approximation du diagnostic dans certains cas quand on constate que ce diagnostic est porté chez des sujets qui ne souffrent ni de TOC, ni de tics ni d'anorexie.
9. The rollercoaster of obsessive-compulsive disorder: How chronotype and time of day affect behavioral inhibition in adults with OCD
J Mood Anxiety Disord. 2025 Mar 1:10:100113. doi: 10.1016/j.xjmad.2025.100113
Titre en français: Les montagnes russes du TOC: comment le chronotype et le moment de la journée affecte l'inhibition comportementale dans le TOC
Le chronotype, c'est à dire les préférences circadiennes d'une personne, reflète la tendance naturelle d'un sujet du niveau de réveil le long d'une journée ("je suis du soir", "je suis du matin"). Cela pourrait contribuer aux fluctuations des symptômes de TOC dans la journée. Dans cette étude, une corrélation était retrouvée entre le niveau d'éveil et les capacités de contrôles inhibiteurs lors d'une tâche particulière impliquant une provocation de symptômes, ce qui peut expliquer que certains patients voient leurs symptômes fluctuer au cours de la journée. Pour le dire autrement, cette étude suggère qu'en fonction de l'éveil, le cerveau est plus ou moins à même d'inhiber l'apparition de pensées intrusives et/ou de compulsions.
10. The bidirectional relationship between severity of obsessive-compulsive symptoms and lifestyle factors in patients with obsessive-compulsive disorder: a contemporaneous and prospective analysis
Front Psychiatry. 2025 Jul 21:16:1552691. doi: 10.3389/fpsyt.2025.1552691
Titre en français: les relations bidirectionnelles entre sévérité du TOC et style de vie des patients avec TOC.
L'usage de l'alcool et de la drogue, l'indice de masse corporelle et l'activité physique ne présentaient pas de lien avec la sévérité du TOC actuel, c'est à dire au moment de l'évaluation. Pour le dire autrement, selon que les patients faisaient plus ou moins de sport ou buvait plus ou moins, ils n'étaient pas différents quant à la sévérité de leur TTOC. Le fait de fumer, par contre, était associé à un TOC plus sévère. L'activité physique avait un impact positif sur la sévérité du TOC, mais 2 ans plus tard, sous entendu que le sport était associé à un meilleur devenir des patients.
11. Neuropsychological and psychopathological correlates of insight in persons with OCD
Ind Psychiatry J. 2025 May-Aug;34(2):259-263. doi: 10.4103/ipj.ipj_429_24. Epub 2025 Jul 18
Titre en français: Corrélats psychopathologiques et neuropsychologiques de l'insight chez les personnes souffrant de TOC
La majorité des patients présentaient une bonne conscience du caractère excessif de leurs symptômes (54 %), une dépression légère (48 %) et une sévérité modérée des symptômes (47 %). Les patients ayant une faible conscience (poor insight) avaient des scores significativement plus élevés aux échelles Y-BOCS et HAM-D. Ils obtenaient également des performances significativement plus faibles au WCST et au TMT-A. Les patients présentant une dépression comorbide (légère/modérée) avaient des performances significativement moins bonnes au WCST que ceux sans dépression.
Les résultats de notre étude indiquent que les patients ayant une faible conscience présentent des formes plus sévères de TOC, une psychopathologie plus importante et des dysfonctionnements neuropsychologiques plus marqués.
12. Attention Allocation in OCD: Contrasting Obsession-Provoking Stimuli With Stimuli Signaling the Completion of Compulsive Acts
Behav Ther. 2025 Nov;56(6):1105-1117. doi: 10.1016/j.beth.2025.05.004
Titre en français: Allocation de l'attention dans le TOC: contraster les stimulis provocant les obsessions avec les stimuli signalant la complétion des compulsions.
La recherche sur l’allocation de l’attention dans le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) montre que les individus présentant des symptômes obsessionnels-compulsifs orientent davantage leur attention vers des stimuli reflétant l’achèvement des actes compulsifs (stimuli d’« état final ») que vers les stimuli menaçants traditionnellement utilisés pour provoquer des obsessions. Cependant, les études antérieures comparaient des individus présentant des niveaux élevés et faibles de symptômes obsessionnels-compulsifs, ce qui limite la généralisation aux TOC cliniques et confond intrinsèquement les symptômes de TOC et d’anxiété. La présente étude a abordé ces deux limites.
Les participants atteints de TOC (n = 32), les participants souffrant de troubles anxieux (AN ; n = 30) et les participants témoins en bonne santé (HC ; n = 33) ont observé librement des matrices d’images 2×2, chacune présentée pendant 8 secondes, opposant deux types d’images : des images menaçantes provoquant des obsessions et des images d’état final. Les mouvements oculaires ont été enregistrés tout au long de la tâche. L’inconfort subjectif ressenti lors de l’observation des différents types d’images a également été évalué.
Les participants atteints de TOC fixaient plus longtemps les stimuli d’état final que les stimuli menaçants provoquant des obsessions, tandis que les participants AN et HC ne montraient aucune différence de durée de fixation entre les deux types d’images. Bien que tous les participants aient ressenti moins d’inconfort en regardant les images d’état final par rapport aux images menaçantes, cette différence était plus marquée chez les participants présentant un TOC. De plus, un effet de médiation indirecte uniquement est apparu lorsque cette différence d’inconfort subjectif était utilisée comme médiateur des différences entre groupes dans l’allocation de l’attention aux deux types d’images. Enfin, la fiabilité de la tâche était élevée.
L’allocation attentionnelle biaisée vers les stimuli associés à l’achèvement des actes compulsifs, plutôt que vers les stimuli menaçants provoquant des obsessions, se généralise au TOC clinique. Ce schéma biaisé d’allocation de l’attention pourrait ainsi constituer une nouvelle cible pour des interventions de modification des biais attentionnels dans le TOC.
13. Avoidance in pediatric obsessive-compulsive disorder: Symptom phenomenology and clinical correlates
J Affect Disord. 2025 Nov 25:120772. doi: 10.1016/j.jad.2025.120772
Titre en français: Evitement dans le TOC pédiatrique: phénoménologie et corrélats cliniques
L’évitement et l’accommodation familiale sont fréquents dans le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) pédiatrique. Alors que l’accommodation familiale a fait l’objet de nombreuses recherches, l’évitement dans le TOC pédiatrique reste relativement peu étudié. Pourtant, l’évitement peut masquer la sévérité globale des symptômes, entraver un diagnostic précis et diminuer l’efficacité du traitement. Cette étude a caractérisé les comportements d’évitement et leurs corrélats cliniques chez 101 enfants et adolescents consultant pour un traitement (54 % de garçons ; âges de 7 à 17 ans) et diagnostiqués avec un TOC. L’évitement a été mesuré à l’aide de la Children’s Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale-II (CY-BOCS-II), et des autoquestionnaires et questionnaires parentaux ont été utilisés pour évaluer la dépression, l’anxiété, l’accommodation familiale et l’altération du fonctionnement.
Les comportements d’évitement étaient très fréquents, 76 % des participants rapportant de l’évitement dans au moins un domaine. Les jeunes présentant de l’évitement montraient une sévérité significativement plus élevée des symptômes du TOC, davantage de symptômes dépressifs auto-rapportés, une augmentation de l’accommodation familiale et une altération plus marquée du fonctionnement. Les analyses de médiation préliminaires montrent que l’évitement exerce un effet indirect significatif sur la relation entre la sévérité des symptômes du TOC et l’altération du fonctionnement rapportée par les parents.
Les résultats soulignent l’importance d’évaluer l’évitement chez les jeunes atteints de TOC afin de mieux saisir son impact sur l’altération du fonctionnement et de guider des interventions ciblées.
14. Exploring contradicting associations between anxiety disorders, obsessive-compulsive disorder, and academic achievement: A meta-analysis
J Anxiety Disord. 2025 Nov 8:117:103091. doi: 10.1016/j.janxdis.2025.103091.
Titre en français: Explorer les association contradictoires entre troubles anxieux, TOC et performance scolaires
Sur 7 610 études examinées, 23 ont été incluses. La qualité méthodologique était généralement faible pour les troubles anxieux, mais plus élevée pour le TOC. La méta-analyse de 15 études (n = 864 729) a montré une petite association négative entre les troubles anxieux et la réussite scolaire, avec un g de Hedges = -0,31, IC 95 % [-0,46 ; -0,16], p < 0,001, I² = 98,1 %. Les quatre études examinant le sexe/le genre rapportaient des effets négatifs plus marqués chez les femmes. Les estimations ajustées étaient variables. La méta-analyse de quatre études (n = 809 598) n’a fourni aucune preuve d’une association entre le TOC et la réussite scolaire, g de Hedges = -0,21, IC 95 % [-0,56 ; 0,14], p = 0,25, I² = 97,9 %.
Les troubles anxieux, mais pas le TOC, étaient associés négativement à la réussite scolaire dans la méta-analyse. L’hétérogénéité élevée entre études et l’incohérence des résultats ajustés suggèrent des effets dépendant du contexte, soulignant la nécessité d’études examinant davantage les variables modératrices. Néanmoins, nos résultats mettent en évidence l’importance d’efforts coordonnés entre les services éducatifs et de santé mentale pour mieux identifier et soutenir les élèves concernés.
15. Distinct clinical phenotypes of pediatric Obsessive-Compulsive Disorder with and without neurodevelopmental disorders: evidence for a neurodevelopmental continuum
J Neurodev Disord. 2025 Dec 17;18(1):3. doi: 10.1186/s11689-025-09665-x.
Titre en français: Phénotypes cliniques distincts de TOC de l'enfant selon la présence ou non d'un trouble du neurodéveloppement
Cette étude avait pour objectif d’explorer les différences cliniques, démographiques et psychopathologiques entre des patients pédiatriques présentant un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) avec ou sans troubles du neurodéveloppement (TND) comorbides, en se concentrant sur la présentation symptomatique, les comorbidités et le retentissement fonctionnel. Le groupe TOC + TND était significativement plus jeune, présentait un QI plus faible et une prédominance masculine, sans différence toutefois concernant le fonctionnement global. Aucune différence significative n’a été retrouvée entre les groupes en ce qui concerne les symptômes anxieux ou dépressifs. En revanche, des profils symptomatiques distincts de TOC ont émergé : les obsessions à thème sexuel et les pensées interdites, évaluées par la CY-BOCS, étaient plus fréquentes dans le groupe TOC sans TND, tandis que les compulsions d’accumulation étaient plus fréquentes dans le groupe TOC + TND. Les tics comorbides et le TDAH étaient significativement plus fréquents dans le groupe TOC + TND, alors que le trouble de stress post-traumatique (TSPT) était plus fréquent dans le groupe TOC sans TND.
16. Examining the Relationship Between Prospective and Inhibitory Intolerance of Uncertainty, Obsessive Compulsive Disorder Symptoms and Treatment Outcome
J Clin Psychol. 2025 Dec 23.doi: 10.1002/jclp.70081
Titre en français: Examiner les relations entre intolérance à l'incertitude inhibitrice et prospective, les symptômes TOC et les résultats du traitement (par TCC).
L’intolérance à l’incertitude (IU) est un facteur de vulnérabilité cognitive impliqué dans le trouble obsessionnel-compulsif (TOC). Cet article visait à examiner les deux dimensions de l’IU (l’IU prospective et l’IU inhibitrice) ainsi que leur relation avec la sévérité globale des symptômes du TOC, et avec la sévérité des obsessions et des compulsions. L’intolérance à l’incertitude (IU) correspond à la difficulté à tolérer le doute, l’ambiguïté ou l’imprévisibilité. Elle est aujourd’hui considérée comme un facteur cognitif central dans l’anxiété et le TOC. IU prospective: C’est le besoin excessif de prévisibilité et la tendance à rechercher constamment des informations pour réduire l’incertitude. Elle est souvent liée aux compulsions de vérification et aux comportements visant à réduire le doute: « Si je ne vérifie pas encore une fois, je ne peux pas être sûr. » IU inhibitrice: C’est la tendance à se bloquer face à l’incertitude. Elle est souvent associée à l’évitement: « Tant que je ne suis pas absolument certain, je ne peux pas avancer. » L’IU et les symptômes du TOC, ainsi que leurs différentes dimensions, ont tous diminué au cours du traitement par thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Au début du traitement, seule l’IU prospective était associée à la sévérité des compulsions. En revanche, à la fin du traitement, l’IU prospective et l’IU inhibitrice étaient toutes deux associées à la sévérité des compulsions, et l’IU inhibitrice était associée à la sévérité des obsessions.
17. The prevalence of autism spectrum traits and autism spectrum disorders in children and adolescents with obsessive compulsive disorder: systematic review and meta-analysis
BJPsych Open. 2026 Jan 16;12(1):e39. doi: 10.1192/bjo.2025.10936.
Titre en français: La prévalence de l'autisme dans les TOC de l'enfant et de l'adolescent
Le taux moyen de prévalence combiné était de 8,0 %. Les scores aux questionnaires évaluant les troubles du spectre de l’autisme (TSA) étaient plus élevés dans les groupes TOC que dans les groupes témoins. Il existait une corrélation significative limitée entre les scores aux questionnaires TSA et les scores aux questionnaires TOC, et aucune différence significative de ces scores n’a été mise en évidence entre les échantillons présentant un TOC isolé et ceux présentant un TOC comorbide avec un TSA. Le retentissement fonctionnel semblait plus important en présence de traits autistiques ou d’un diagnostic de TSA chez les patients atteints de TOC, mais la faisabilité d’une méta-analyse était limitée.
18. The prevalence and predictors of aggressive obsessions in obsessive-compulsive disorder: A meta-analytic review
J Psychiatr Res. 2026 Apr:195:264-283. doi: 10.1016/j.jpsychires.2026.01.051.
Titre en français: La prévalence et les prédicteurs de TOC type "pensées taboues"
Les objectifs de cette étude étaient de fournir une estimation globale de la prévalence mondiale des obsessions agressives chez les adultes (18 ans et plus) présentant un TOC diagnostiqué par un clinicien ; Les taux de prévalence au cours de la vie et actuels (par exemple, sur la dernière semaine) ont été estimés respectivement à 70,3 % et 52,6%, avec une hétérogénéité importante. Chez 28,0 % des individus, les obsessions agressives étaient considérées comme le symptôme principal et le plus invalidant. Les analyses de modération ont montré une prévalence actuelle plus élevée des obsessions agressives dans les échantillons présentant : un âge moyen plus élevé, une durée moyenne de maladie plus longue, un âge moyen de début du TOC plus précoce, ainsi qu’une prévalence plus élevée de trouble d’anxiété sociale comorbide. À l’inverse, un nombre significativement plus faible d’obsessions agressives était rapporté dans les échantillons provenant de la région Asie-Pacifique et dans ceux comprenant une proportion plus élevée de personnes mariées. Enfin, les analyses de risque relatif ont montré que les individus présentant : un début précoce versus tardif du TOC ou des idées suicidaires versus absence d’idées suicidaires étaient respectivement 1,17 fois et 1,98 fois plus susceptibles de rapporter des obsessions agressives.
Traitements
1. Ketamine for treatment-resistant obsessive-compulsive disorder: Double-blind active-controlled crossover study
J Psychopharmacol. 2024 Nov 28:2698811241301215. doi: 10.1177/02698811241301215. Online ahead of print.
Titre en français: La kétamine dans le TOC résistant
Dans cette étude, les auteurs ont comparé l'utilisation de ketamine IM (c'est à dire intramusculaire) vs. du fentanyl IM. L'étude était randomisée en double aveugle (ni le patient ni le médecin ne savaient ce que le patient recevaient). Les patients étaient prétraités par ondansétron, un anti-émétique qui a montré une certaine efficacité dans le TOC, cela peut donc potentiellement relativiser les résultats. Les patients inclus étaient âgés de plus de 18 ans. Les symptômes TOC étaient significativement plus améliorés par la kétamine que par le fentanyl. L'effet de la kétamine était dose dépendant.
2. Effects of transcranial direct current stimulation (tDCS) at different cortical targets on cognition in obsessive-compulsive disorder (OCD): an exploratory analysis
Int Clin Psychopharmacol. 2025 Apr 4. doi: 10.1097/YIC.0000000000000589.
Titre en français: Effet de la stimulation transcraniale directe (tDCS) selon différentes cibles sur la cognition dans le TOC
Les patients avec un TOC présentaient des atteintes de flexibilité cognitive (capacité à s'adapter à un environnement changeant, à apprendre de nouvelles règles plutôt qu'à être rigide et faire toujours pareil quel que soit le contexte) et d'inhibition de réponse (capacité à être moins impulsif). Dans cette étude, des patients adultes souffrant de TOC recevaient 3 courses de tDCS (une forme de stimulation électrique non invasive très légère) ciblant le cortex orbito-frontal gauche, l'aire motrice supplémentaire bilatérale, et une tDCS placebo. La tDCS sur le cortex orbito-frontal gauche et les deux aires motrices supplémentaires amélioraient l'inflexibilité cognitive (les patients devenaient moins rigides). La tDCS ne modifiait pas l'impulsivité motrice.
3. Meta-analysis of age at help-seeking and duration of untreated illness (DUI) in obsessive-compulsive disorder (OCD): The need for early interventions
J Affect Disord. 2025 Mar 19:380:212-225. doi: 10.1016/j.jad.2025.03.090
Titre en français: méta-analyse de l'âge au moment de la recherche d'aide et de la durée sans traitement dans le TOC: le besoin d'intervenir rapidement!
Dans cette étude, les auteurs ont analysés 31 études précédemment réalisées. L'âge moyen des patients était de 29 ans et la durée moyenne de recherche d'aide chez ces patients était de 7 ans (!!) et la durée moyenne de maladie sans traitement était de 80 mois, soit 6.5 ans (!!). Plus les patients attendaient avant de rechercher de l'aide et d'être traité, plus le pronostic était mauvais.
4. Obsessive Compulsive Disorder associated with Autoimmunity in Youth: Clinical Course before and after Rituximab+/- Adjunctive Immunomodulation
Dev Neurosci. 2025 Mar 10:1-26. doi: 10.1159/000544993
Titre en français: TOC et autoimmunité chez le jeune: évolution clinique avant et après l'utilisation de traitements immunologiques
458 patients ont été étudiés ici. Parmi ces patients, 23 ont reçu un traitement immunomodulateur (une ou plusieurs molécules). Les patients étaient âgés de 4 à 20 ans au moment de l'initiation du traitement anti-inflammatoire. TOUS souffraient de symptômes neuropsychiatriques SEVERES avec une PREUVE de trouble auto-immun systémique. 70% des patients ont présenté une amélioration certaine de leurs symptômes permettant un retour à un fonctionnement normal. Dans la majorité des cas il était difficile de dire si cela était lié à l'immunomodulation compte tenu de la présence concomitante d'autres psychotropes et/ou de psychothérapies. La plupart des patients expérimentaient une aggravation de leurs symptômes avant l'amélioration. 11 patients présentaient une hypogammaglobulinémie au décours. Enfin, les patients qui recevaient plusieurs traitements immunomodulateurs présentaient une meilleure réponse que ceux qui recevaient une seule molécule, à savoir le rituximab.
Le TOC auto-immun est très à la mode, je rappelle que c'est une entité très rare, très spécifique, qui se caractérise par un début extrêmement brutal et sévère, en 48 heures maximum avec typiquement un patient qui allait parfaitement bien et qui, du jour au lendemain, se met à souffrir de TOC au point de ne plus pouvoir rien faire.
5. Ketogenic diet as a therapeutic intervention for obsessive-compulsive disorder: a case series of three patients
Front Nutr. 2025 Apr 16:12:1568076. Doi : 10.3389/fnut.2025.1568076
Titre en français: Le régime cétogène comme intervention thérapeutique du TOC: étude de 3 patients
Les trois participants dans cette série de cas avaient tous atteints une rémission totale de leurs symptômes et étaient sans traitement. L'implémentation de ce traitement aboutissait à une diminution de leur Y-BOCS de 21 points, correspondant à une diminution moyenne de 90.5% des symptômes. Dans tous les cas, les déviations du régime aboutissait à un retour des symptômes.
6. Efficacy of Adjunctive Deep Transcranial Magnetic Stimulation in Obsessive-Compulsive Disorder: A Randomized Sham-Controlled Study
J ECT. 2025 Apr 22. doi: 10.1097/YCT.0000000000001145.
Titre en français: Effet d'une augmentation du traitement par stimulation magnétique transcrânienne profonde dans le TOC: une étude contrôlée et randomisée
Le groupe de patients avec TMS profonde active présentait une réduction significative des symptômes mesurés à la Y-BOCS comparée au groupe placebo. La taille de l'effet était de 1.39 (ce qui est important, ça signifie que les patients allaient nettement mieux, pas uniquement légèrement mieux). Le taux de réponse complète était de 75% dans le groupe actif contre 5% dans le groupe contrôle. Les symptômes anxieux et dépressifs s'amélioraient aussi significativement.
7. Efficacy and safety of transcranial direct current stimulation (tDCS) in patients with obsessive-compulsive disorder (OCD): A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials
Neurosci Biobehav Rev. 2025 Jun:173:106171. doi: 10.1016/j.neubiorev.2025.106171
Titre en français: Efficacité et sécurité de la tDCS chez les patients avec TOC: une méta-analyse
Immédiatement après le traitement, l'analyse révélait que la tDCS réduisait significativement la Y-BOCS, les scores d'anxiété, les scores de dépression. Durant la période de suivi, la tDCS continuait d'améliorer la Y-BOCS et la dépression.
8. Effects of continuous theta burst stimulation on patients with obsessive‒compulsive disorder (OCD): A systematic review and meta-analysis of randomized sham controlled trials
Psychiatr Q. 2025 May 21. doi: 10.1007/s11126-025-10152-8
Titre en français: Effets d'une stimulation en théta burst continu (TMS) chez des patients souffrant de TOC: une méta-analyse
Les auteurs ne retrouvaient pas de différence significative entre le groupe actif et le groupe contrôle (placebo) lorsqu'ils considéraient les changements dans les symptômes obsessionnel-compulsifs, ni immédiatement après le traitement, ni au cours du suivi plus lointain.
9. Investigating the effects of brain stimulation on the neural substrates of inhibition in patients with OCD: A simultaneous tDCS - fMRI study
Transl Psychiatry. 2025 May 19;15(1):173
Titre en français: Investigation concernant les effets de la stimulation cérébrale sur les substrats neuronaux de l'inhibition chez les patients souffrant de TOC: une étude de stimulation par tDCS
Les résultats de cette étude indiquent que la tDCS chez les patients avec TOC s'accompagnait d'une amélioration dans les performances d'inhibition (moins d'impulsivité, supposée associée à moins de pensées intrusives car mieux inhibées, mais supposées seulement).
10. Memantine augmentation of escitalopram in treatment of executive function among patients with obsessive-compulsive disorder (OCD): a double-blind placebo-controlled randomized clinical trial
BMC psychiatry, 2025 Jun 2;25(1):561. doi: 10.1186/s12888-025-06856-7
Titre en français: Ajout de mémantine en plus de l'escitalopram dans le traitement des fonctions executive chez des patients souffrant de TOC.
Cette étude était menée pendant 16 semaines, selon un protocole en double aveugle (ni le médecin, ni le patient ne savaient ce qu'ils recevaient), afin d'évaluer si ajouter de la mémantine à l'escitalopram aidait à traiter le TOC. Cette étude portait sur 60 patients. On avait 30 patients qui recevait escitalopram + placebo et 30 patients qui recevaient escitalopram + memantine. Il n'y avait pas de différence entre les 2 groupes dans l'efficacité des traitements concernant les fonctions exécutives (inhibition, organisation, attention), c'est à dire que prendre de l'escitalopram seul ou avec de la mémantine en plus ne changeait rien sur l'efficacité.
11. Six week open-label oral ketamine for patients with treatment-resistant depression, post-traumatic stress disorder, or obsessive-compulsive disorder
J Psychopharmacol. 2025 Jun 5:2698811251344710. doi: 10.1177/02698811251344710
Titre en français: Kétamine orale chez des patients souffrant de TOC résistant
Les participants à cette étude recevaient 6 semaines de traitement par kétamine orale, une fois par semaine. 5 patients souffrant de TOC résistant à leur traitement participaient à cette étude. Les doses de kétamine étaient augmentées de 1 à 1.5 mg par kilo jusqu'à 1.5 à 2.5 mg par kilo. Après une semaine, les auteurs rapportaient une diminution des symptômes de TOC, amélioration qui persistait ensuite pendant les 6 semaines. Néanmoins, il y a avait si peu de patients que des statistiques sérieuses n'étaient pas possibles.
12. Accelerated deep intermittent theta-burst stimulation obsessive-compulsive disorder: A double-blind, randomized, controlled study
J Psychiatr Res. 2025 Jun 24:189:365-372. doi: 10.1016/j.jpsychires.2025.06.034
Titre en français: Stimulation profonde en théta burst intermittents dans le TOC
Dans cette étude les patients ont testé une forme particulière de stimulation magnétique transcranienne profonde appelée stimulation en théta burst intermittente profonde accélérée ciblant le cortex préfrontal médial. Il y avait 50 sessions. Les auteurs comparaient placebo et vraies stimulations. Les auteurs retrouvaient que la vraie stimulation fonctionnait mieux que le placebo. Mais l'effet semblait léger car quand les auteurs considéraient séparément la sévérité des obsessions puis des complusions, alors ils ne retrouvaient pas de différence entre vraie stimulation et placebo. En définitive, on pourrait donc penser que la stimulation magnétique transcranienne profonde classique serait plus efficace, mais on ne peut pas être définitif car l'étude ne compare pas directement les deux méthodes.
13. Efficacy and tolerability of vortioxetine monotherapy in SSRI-resistant OCD: a retrospective multicenter study
Front Psychiatry. 2025 Jun 13:16:1617345. doi: 10.3389/fpsyt.2025.1617345
Titre en français: Efficacité et tolérance de la vortioxetine en monothérapie dans le TOC
Dans cette étude rétrospective, les auteurs ont étudiés les dossiers médicaux de 64 patients adultes souffrant de TOC qui avaient échoué à répondre à des ISRS et qui ont alors été traité par vortioxétine seule, sans autre traitement à coté (au moins 20 mg par jour, pendant au moins 8 semaines). A la 8e semaine, 40% des patients étaient considérés comme répondeurs, c'est à dire qu'ils présentaient au moins 25% de baisse de la sévérité du TOC telle que mesuré par la fameuse YBOCS. La dose moyenne que recevaient les patients était de 25 mg par jour avec 6 patients qui recevaient 40 mg par jour.
14. Single-dose (10 mg) psilocybin reduces symptoms in adults with obsessive-compulsive disorder: A pharmacological challenge study
Compr Psychiatry. 2025 Jul 1:142:152619. doi: 10.1016/j.comppsych.2025.152619
Titre en français: une prise unique de psilocybine à 10 mg réduits les symptômes de TOC.
Dans cette étude, des patients souffrant de TOC recevaient 1 mg de psilocybine (une seule fois) puis 10 mg 4 semaines plus tard (toujours une seule fois), ou la même chose mais en sens inverse (10 puis 4) en fonction des patients. 18 patients étaient inclus. Les 10 mg étaient plus efficaces que les 1 mg, en particulier sur les compulsions. Puis l'effet diminuaient au fur et à mesure des 3 semaines suivantes. Ainsi la psilocybine à 10 mg en dose unique permettaient une amélioration rapide du TOC ce qui peut permettre de laisser le temps à d'autres traitements d'agir. De plus on peut se demander si quelques doses répétées pourraient permettre une guérison totale et prolongées.
15. Ketamine's double-edged sword: Therapeutic benefits and adverse events in adolescent treatment-resistant OCD - A case series
Indian J Psychiatry. 2025 Jun;67(6):631-634. doi: 10.4103/indianjpsychiatry_114_24
Titre en français: le couteau à double tranchant de la kétamine dans le TOC
4 adolescents qui présentaient un TOC résistant recevaient de la kétamine à 0.5 mg par kilo pendant 6 semaines. 3 patients avaient présenté une amélioration progressive après les différentes prises de kétamine, amélioration qui se maintenaient au moins 2 mois. Mais un autre patient avait développé une psychose du fait de la prise de kétamine.
16. Mindfulness strategies for obsessive-compulsive disorder: a systematic review and meta-analysis
Braz J Psychiatry. 2025 Aug 7. doi: 10.47626/1516-4446-2025-4214
Titre en français: méditation pleine conscience dans le TOC
Pour faire très simple et très court, les auteurs trouvaient dans cette étude que la méditation pleine conscience n'était pas un traitement efficace du TOC.
17. Does early non-improvement predict treatment failure in pharmacotherapy for obsessive-compulsive disorder? A diagnostic test accuracy meta-analysis with individual participant data
Psychol Med. 2025 Aug 15:55:e237. doi: 10.1017/S0033291725101335.
Titre en francçais: Est ce que l'absence d'amélioration précoce au traitement prédit l'échec de la pharmacothérapie dans le TOC?
Dans 11 études totalisant 1 753 patients, l’absence d'amélioration à la semaine 4 prédisait une absence de réponse ultérieure (valeur prédictive positive, VPP) dans 86 % des cas (intervalle de confiance à 95 % [IC] = 83–88 %). La sensibilité était de 78 %, la spécificité de 70 % et la valeur prédictive négative de 60 %. Les critères secondaires ont montré une VPP similaire après 6 semaines et une VPP de 93 % pour l’absence de réponse après 8 semaines. La précision prédictive était significativement plus élevée chez les hommes que chez les femmes (β = –0,64, IC à 95 % = –1,12 à –0,16, p = 0,0089).
Les patients souffrant de TOC qui ne présentent aucune amélioration après 4 semaines d’antidépresseurs ne répondront probablement pas au traitement à court terme. Ainsi, un changement de stratégie devrait être envisagé après 4 semaines sans bénéfice thérapeutique.
18. The short-term efficacy of low-frequency rTMS versus continuous theta burst stimulation as early augmentation, targeting right DLPFC in the management of obsessive-compulsive disorder: a randomized clinical study
CNS Spectr. 2025 Aug 26;30(1):e67. doi: 10.1017/S1092852925100527.
Titre en français: efficacité à court termes de rTMS basse fréquence versus stimulation en théta burst ciblant le DLPFC droit dans la gestion du TOC
Il y a eu une amélioration statistiquement significative du score total au Y-BOCS à la fin de la troisième et de la sixième semaine, tant dans le groupe LF-rTMS que dans le groupe cTBS, par rapport aux scores initiaux. Cependant, aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les deux groupes concernant l’amélioration du score total au Y-BOCS, ainsi que des scores totaux aux échelles HAM-A et HAM-D durant les périodes de suivi.
Les résultats de l’étude suggèrent que la LF-rTMS et la cTBS sont toutes deux également efficaces pour la prise en charge des patients atteints de TOC en tant que stratégies précoces d’augmentation thérapeutique.
19. Relapse rates in stable obsessive-compulsive disorder after antidepressant discontinuation versus maintenance: A systematic review and meta-analysis
Psychol Med. 2025 Aug 28:55:e252. doi: 10.1017/S0033291725101578.
Titre en français: Taux de rechutes dans le TOC après arrêt de l'antidépresseur versus maintien du traitement
Neuf essais (n = 1 084 ; âge moyen : 32,8 ans ; proportion d’hommes : 53,3 %) ont été inclus. Le groupe poursuivant le traitement antidépresseur présentait des taux de rechute plus faibles à chaque point d’évaluation des études DBRPCT (RR [IC 95 %] = 0,53 [0,42–0,68] ; RRA = 21,0 % ; NNTB = 5), ainsi que des taux de discontinuation pour toute cause ou liés aux effets indésirables plus faibles que le groupe ayant arrêté les antidépresseurs. Le groupe sous traitement d’entretien présentait également des taux de rechute plus faibles à 4 semaines (RR [IC 95 %] = 0,47 [0,31–0,70] ; RRA : non significative ; NNTB : non significatif), 8 semaines (0,42 [0,31–0,57] ; 12,0 % ; 8), 12 semaines (0,43 [0,32–0,56] ; 18,0 % ; 6), 16 semaines (0,41 [0,32–0,52] ; 25,0 % ; 4), 20 semaines (0,43 [0,34–0,53] ; 26,0 % ; 4) et 24 semaines (0,42 [0,33–0,52] ; 27,0 % ; 4) que le groupe arrêtant le traitement. De plus, le groupe poursuivant le traitement obtenait de meilleurs résultats concernant l'amélioration des symptômes du TOC.
Les personnes atteintes de TOC peuvent bénéficier de la poursuite du traitement antidépresseur, à condition qu’il soit bien toléré.
20. Medication adherence in obsessive-compulsive disorders and evaluation of effective adherence support strategies
Front Psychiatry. 2025 Sep 12:16:1642622. doi: 10.3389/fpsyt.2025.1642622.
Titre en français: Adhésion au traitement dans le TOC et évaluation de l'efficacité des stratégies de soutien à l'adhésion
Les participants présentaient des altérations légères dans divers aspects du fonctionnement malgré une vie quotidienne relativement fonctionnelle. La plupart recevaient des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), et un sous-groupe bénéficiait d’une thérapie combinée dans les cas résistants au traitement. L’observance médicamenteuse était classée en trois catégories : 24,4 % des participants étaient de bons observants, 62,2 % étaient partiellement observants et 13,4 % n’étaient pas observants. Le suivi thérapeutique pharmacologique (TDM) indiquait que 84,6 % des participants avaient des taux plasmatiques dans l’intervalle thérapeutique. Les préoccupations concernant les effets secondaires et les doutes quant à l’efficacité du traitement étaient fréquemment rapportés et pourraient contribuer à une observance sous-optimale. Toutefois, aucune association significative n’a été retrouvée entre l’observance et les variables sociodémographiques ou cliniques, ce qui suggère la nécessité d’une approche plus globale incluant des facteurs psychosociaux. Les stratégies comportementales visant à maintenir l’observance (par exemple, intégrer la prise du traitement dans les routines quotidiennes) étaient préférées et jugées utiles, tandis que les méthodes de surveillance invasive étaient largement rejetées.
Cette étude souligne l’importance d’une approche multifactorielle pour améliorer l’observance médicamenteuse chez les personnes atteintes de TOC. Bien que les ISRS demeurent le traitement pharmacologique de première intention, une proportion significative de patients continue d’avoir des difficultés à rester observante. Bien que le TDM fournisse des informations précieuses sur les taux médicamenteux, il ne reflète pas entièrement l’observance en raison de la variabilité métabolique et comportementale. Répondre aux inquiétudes des patients concernant les effets secondaires et l’efficacité du traitement, tout en mettant en place des stratégies comportementales intégrant la prise du traitement dans les routines quotidiennes, pourrait améliorer l’observance et optimiser les résultats thérapeutiques.
21. Real-world use of classic and non-classic psychedelics in Hispanic/Latino adults with Obsessive-Compulsive Disorder: International findings from the LATINO Study
Braz J Psychiatry. 2025 Sep 29. doi: 10.47626/1516-4446-2025-4316
Titre en français: Utilisation en monde réel de psychédéliques dans le TOC
ans 11 pays, 9 % des répondants ont déclaré utiliser des psychédéliques ou des substances apparentées à des fins thérapeutiques. La majorité des répondants (72 %) avaient déjà reçu des traitements traditionnellement disponibles pour le TOC (par exemple, médication psychiatrique et/ou psychothérapie). La psilocybine, le LSD et la MDMA étaient les psychédéliques les plus utilisés. Comparés aux non-utilisateurs, les utilisateurs de psychédéliques étaient plus susceptibles d’être des hommes, d’avoir reçu une thérapie non basée sur l’ERP pour le TOC, et de présenter un diagnostic psychiatrique comorbide. Les effets de l’usage de psychédéliques sur les symptômes liés au TOC variaient largement selon la substance et étaient difficiles à prédire, mais étaient rapportés comme plus favorables pour les psychédéliques sérotoninergiques « classiques ».
Les données issues du monde réel suggèrent que des adultes H/L explorent l’usage de psychédéliques comme traitement du TOC, bien que des travaux supplémentaires soient nécessaires pour déterminer les conditions assurant une utilisation sûre et efficace dans cette population. L’augmentation des recherches et des mesures pratiques de réduction des risques est essentielle, à mesure que l’intérêt du public pour les psychédéliques continue d’augmenter.
22. H7 Coil Deep Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation in Patients With Obsessive-Compulsive Disorder: Do Factors Like Age, Sex, and Medication Affect Clinical Outcomes?
Cureus. 2025 Sep 1;17(9):e91447. doi: 10.7759/cureus.91447
Titre en français: Bobine H7 pour rTMS profonde dans le TOC, est ce que l'age ou le sexe ou le traitement impacte l'efficacité
Une diminution moyenne significative des scores Y-BOCS au jour 8 a été observée (11,12 ± 7,46, d de Cohen = 2,2, p < 0,0001), avec un taux de réponse global de 64,72 % et un taux de rémission de 46,12 % (N = 378). L’étude a également montré que les patients des deux sexes âgés de 30 à 44 ans présentaient la meilleure réponse au traitement. Les femmes atteintes d’une forme sévère à extrême de la maladie, ainsi que les femmes ménopausées, ne répondaient pas mieux que les hommes. Le nombre de médicaments n’avait aucun effet significatif sur l’issue clinique.
Les résultats soutiennent le potentiel de l’aDTMS comme traitement adjuvant efficace pour le TOC, mettant en évidence l’interaction de divers facteurs dans la détermination des résultats cliniques.
23. Fifty Years of Lithium in OCD and Related Disorders: A Systematic Review of Clinical Evidence Challenging a Theoretical Assumption
Neuropsychobiology. 2025 Nov 6:1-23. doi: 10.1159/000548947.
Titre en français: 50 ans de lithium dans le TOC: une revue systématique
Vingt-neuf études répondaient aux critères d’inclusion, comprenant 25 études de cas ou séries de cas et quatre essais cliniques. La plupart des études portaient sur le trouble obsessionnel-compulsif (TOC ; n = 20), suivies par la trichotillomanie (TTM ; n = 5), les troubles tic (n = 3) et le trouble dysmorphique corporel (BDD ; n = 1). Dans l’ensemble de l’échantillon (n = 97), 38,1 % des sujets présentaient une « amélioration clinique », bien que seulement 54,6 % aient été évalués au moyen d’instruments validés. Parmi les études de cas et séries de cas (n = 37), 89,2 % rapportaient une « amélioration ». Cependant, trois ECR croisés n’ont trouvé aucun bénéfice constant du lithium, et le seul essai contrôlé par placebo n’a pas détecté de différence significative entre les groupes dans l’analyse groupée finale.
L’analyse des données individuelles a montré que la réponse au lithium était plus fréquente chez les personnes plus jeunes (p = 0,02), celles présentant un trouble bipolaire comorbide (p = 0,005), celles recevant le lithium en monothérapie (p < 0,018), et chez celles n’ayant jamais été exposées aux IRS (p < 0,001). De plus, les patients répondeurs étaient moins susceptibles d’avoir été évalués à l’aide d’instruments standardisés (p < 0,001).
Il s’agit de la première revue systématique évaluant le lithium comme stratégie thérapeutique pour les troubles obsessionnels et compulsifs apparentés (OCRDs). Bien que certains rapports suggèrent des bénéfices potentiels, les données actuelles — principalement issues d’études de faible qualité et sans évaluations standardisées — ne soutiennent pas son utilisation. Les résultats des essais randomisés demeurent non concluants, et des recherches supplémentaires de haute qualité sont nécessaires.
24. Exploring early add-on celecoxib treatment in OCD: Results from a preliminary randomized, double-blind, placebo-controlled trial
J Psychopharmacol. 2025 Nov 27:2698811251389556. doi: 10.1177/02698811251389556.
Titre en français: Explorer un ajout précoce de celecoxib dans le TOC, résultats d'un essai préliminaire randomisé, en double aveugle contre placebo
Quarante-quatre patients naïfs de tout traitement, diagnostiqués avec un TOC (selon la Classification internationale des maladies-10), ont été recrutés et randomisés en deux groupes de 22 participants chacun. Le groupe expérimental a reçu de la fluoxétine associée au célécoxib (800 mg/jour), tandis que le groupe contrôle a reçu de la fluoxétine et un placebo. Les variables cliniques ont été mesurées à 0, 2, 4 et 8 semaines à l’aide de l’échelle standard de sévérité des symptômes Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (YBOCS). Les taux sériques d’IL-6 et de BDNF ont été évalués à 0 et 8 semaines.
Le groupe expérimental a montré un changement moyen plus important (6,56 ± 1,04) des scores YBOCS sur 8 semaines (p ⩽ 0,001, g de Hedge = 1,918). Le taux de réponse était plus élevé dans le groupe expérimental (33 %) que dans le groupe contrôle (11,1 % ; Nombre Nécessaire à Traiter = 4,2). La diminution des scores YBOCS était positivement corrélée à la baisse du marqueur inflammatoire IL-6 dans le groupe expérimental (r = 0,478, p = 0,033). Aucun effet secondaire significatif n’a été observé.
Le célécoxib apparaît comme un traitement adjuvant précoce potentiellement sûr dans le TOC, permettant une amélioration rapide de la psychopathologie. Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires dans ce domaine.
25. Attentional bias modification treatment for obsessive-compulsive disorder: a randomized clinical trial
J Psychiatr Res. 2026 Feb:193:431-440. doi: 10.1016/j.jpsychires.2025.12.013
Titre en français: Traitement par la modification des biais attentionnels dans le TOC
L’Attention Bias Modification Treatment (ABMT) est une intervention informatisée ciblant les biais attentionnels liés à la menace dans les troubles anxieux. Trente patients ont été répartis de manière aléatoire entre une condition active (n = 15) et une condition placebo (sham) (n = 15), et ont suivi 10 séances d’ABMT ciblant les symptômes de symétrie et de contamination/lavage. De plus, aucune réduction significative de la sévérité du TOC n’a été mise en évidence dans le groupe actif par rapport au groupe placebo, ni concernant les dimensions spécifiques de symétrie ou de contamination.
26. Clinical predictors of treatment resistance to serotonin reuptake inhibitors in obsessive-compulsive disorder: a meta-analysis
Expert Rev Neurother. 2025 Dec 23:1-9. doi: 10.1080/14737175.2025.2605084.
Titre en français: Les prédicteurs de résistance au ISRS dans le TOC
L’analyse a montré que les facteurs suivants prédisaient une non-réponse aux IRS : un âge de début plus précoce, une durée de maladie plus longue, une sévérité initiale plus élevée du TOC, un insight plus pauvre, la présence d’obsessions de contamination et des tics comorbides.
27. RTMS Versus Fluvoxamine in the Treatment of OCD: A Randomized Open-label Pilot Study
Int J Med Sci 2026 Jan 1;23(2):406-411. doi: 10.7150/ijms.122621.
Titre en français: rTMS contre fluvoxamine (un ISRS) dans le traitement du TOC
Des patients présentant un TOC naïfs de traitement (n = 41) ont été randomisés pour recevoir soit un traitement standardisé par fluvoxamine (150–200 mg/jour), soit une stimulation magnétique transcrânienne répétitive à basse fréquence (1 Hz), administrée quotidiennement et ciblant l’aire motrice supplémentaire pendant deux semaines. Les résultats ont montré que la différence de taux de réponse à la fin de l’intervention entre les deux groupes n’était pas statistiquement significative : 41,7 % (5/12) dans le groupe SMTr contre 60 % (6/10) dans le groupe fluvoxamine.
"When is it late"? Optimal threshold for duration of untreated illness (DUI) to predict SSRI-treatment resistance in individuals with obsessive-compulsive disorder (OCD)
J Psychiatr Res. 2026 Apr:195:181-184. doi: 10.1016/j.jpsychires.2026.01.056.
Titre en français: "quand est ce qu'il est trop tard". Le seuil limite de durée de TOC non traité associé à une résistance aux ISRS dans le TOC
L’âge moyen était de 34,5 ± 12,4 ans ; la durée de maladie non traitée (DUI) moyenne était de 107,2 ± 116,7 mois. La moitié de l’échantillon (50,4 %) a répondu aux ISRS de première intention. Le seuil optimal était de 42 mois. Une durée de maladie non traitée supérieure à environ 3,5 ans est associée à une probabilité significativement plus faible de réponse aux ISRS.