Les médicaments

En préambule, écoutez toujours les conseils de votre psychiatre concernant la prise de médicaments et ne prenez pas de décisions seul sans l'avoir consulté au préalable. Les informations fournies ici sont génériques et ne sont peut être pas adaptées à la situation particulière de votre enfant, seul votre psychiatre seaura évaluer cette situation et les besoins qui en découlent.

Pourquoi les médicaments

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) est une maladie cerveau avec une origine biologique. Je vous renvoie à la section dédiée de l'encyclopédie si vous souhaitez en savoir plus. En tant que telle, le TOC se traite essentiellement par des médicaments dont l'objectif est de restaurer un équilibre chimique dans le cerveau du patient. On espère alors que cet équilibre restauré persiste définitivement, c'est à dire même après arrêt du traitement, ou, à défaut, que cet équilibre subsiste avec le maintien du traitement.

Pour restaurer l'équilibre recherché au sein du cerveau, les médicaments que l'on prescrira seront captés par les neurones ce qui aidera ces neurones à retrouver une activité normale. En effet, il semblerait que, dans le TOC, les neurones soient trop actifs, qu'ils fonctionnent trop forts. Les médicaments, lorsqu'ils seront donc captés par ces mêmes neurones, les aideront à s'apaiser. On pourrait, dans une certaine mesure, faire un parallèle avec l'épilepsie et les antiépilpetiques destinés à calmer les neurones trop fougueux du patient épileptique.

Quand les médicaments

On ne prescrit pas systématiquement des médicaments dans le cas du TOC. En effet, si le TOC n'a qu'un faible impact sur le quotidien, la prescription ne sera pas automatique et l'on pourra préférer, d'abord, un traitement psychothérapeutique. Malheureusement, le TOC a tout de même souvent un impact important sur le quotidien du patient (et de sa famille!) que ce soit en impactant le moral du patient (un patient qui se déprime), le sommeil su patient (un patient qui se couche tard du fait de compulsions trop chronophages), la dynamique de la famille (du fait de caractère tyrannique du TOC et de parents qui se renvoient la balle pensant que l'éducation du conjoint est en cause dans la maladie de leur enfant), la scolarité du patient (l'absentéisme causé par le TOC est bien trop fréquent, de même que la baisse de résultats scolaires). Toutes ces situations et d'autres n'ont pas le temps d'attendre l'efficacité supposée d'une psychothérapie et la détresse est telle qu'un soulagement aussi rapide que possible est nécessaire. C'est pourquoi, en pratique, le traitement médicamenteux est souvent débuté dès le début de la prise en charge, le plus rapidement possible après le début des TOC.

De plus, quelque soit l'option initialement choisie (psychothérapie, médicaments, association des deux) il ne faut pas trop attendre avant d'introduire oiu d'ajuster un traitement par médicament car plus la maladie dure, plus il est difficile de l'apaiser ensuite.

Ainsi, lorsque les médicaments sont nécessaires, et, encore une fois, c'est très souvent le cas dans le TOC, il ne faut pas les craindre et faire confiance au médecin qui vous les préscrira. Le but d'un médecin est que ses patients soient guéris de la façon la plus complète et rapide que possible et non d'aggraver la maladie du patient.

Quels médicaments

Des médicaments en psychiatrie, il en existe de très nombreux! Dans le TOC également! Je vais présenter rapidement ici les trois classes de médicaments que l'on utilise le plus souvent dans le TOC mais d'autres existent sans parler de ceux à venir!

Les antidépresseurs

Je sais, votre enfant n'est pas déprimé! Mais antidépresseur est le nom historique pour inhibiteur de la recapture de la sérotonine et on le conserve souvent en pratique car, vous en conviendrez, il est plus simple de dire "antidépresseur" que "inhibiteur de la recapture de la sérotonine".

Le seul et unique traitement indispensable dans le TOC est ce fameux inhibiteur de la recapture de la sérotonine (IRS). Ceux ci sont de deux types: ou bien non spécifiques, c'est à dire qu'ils inhibent la recapture de la sérotonine mais pas seulement, ils peuvent aussi inhiber la recaptured'autres molécules en même temps comme la noradrénaline ou la dopamine par exemple; ou bien ils sont spécifiques, c'est à dire qu'ils n'inhibent que la recapture de la sérontonine et pas d'autres molécules, on parle alors d'inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ISRS. En règle générale, les ISRS sont mieux tolérés que les IRS, on préfèrera donc commencer par un ISRS. Mais que ce soit clair, sauf cas exceptionnel, pour des raisonstrès  particulières, si votre enfant nécessite un traitement médicamenteux, celui ci devra toujours comprendre au moins un ISRS ou un IRS! Ils peuvent être associés à d'autres traitements mais ils doivent toujours être présents!

Parmi les ISRS les plus classiques nous retrouvons la fluoxétine (Prozac), l'escitalopram (Seroplex) ou encore la sertraline (Zoloft), la liste non exhaustive. A titre personnel, je ne recommande pas l'utilisation de paroxétine (Deroxat) compte tenu des difficultés de sevrage. 

L'IRS le plus classique dans le TOC est la clomipramine (Anafranil). 

Les antidépresseurs seront débuté par de petites doses puis on augmentera tous les mois jusqu'à réponse totale (si possible) c'est à dire disparition complète des symptômes (c'est ce qu'il faut viser autant que faire ce peut) ou au moins satisfaisante, permettant un retour à une vie sinon tout à fait normale, au moins aussi normale que possible.

Evidemment la dose sera fonction de l'efficacité mais aussi de la tolérance de votre enfant. Il arrive qu'un enfant tolère mal un traitement, on adaptera alors en modifiant le dosage ou la nature du traitement.

D'une manière générale, on rapporte souvent une efficacité de ces traitements de l'ordre de 50 à 60%. Ces chiffres sont discutables pour différentes raisons que je n'évoquerai pas ici et je pense que l'efficacitéréelle peut aller légèrement au delà de ces chiffres mais retenez surout les IRS sont toujours (ou quasi toujours à quelques très très rares exceptions près) le traitement de base du TOC.

Les autres médicaments

Si les ISRS ou les IRS ne suffisent pas, il classique d'associer d'autres molécules tels que les antipsychotiques (l'aripiprazole (Abilify) ou la risperidone (Risperdal)), ou les antiépileptiques (topiramate (Epitomax), lamotrigine (Lamictal)), ou d'autres molécules encore nombreuses.

Il n'existe malheureusement, à ce jour, pas d'indice clair pour savoir quelle molécule ajouter de préférence: plutôt de l'aripiprazole? Plutôt du topiramate? Plutôt de la mémantine? Autre? On doit simplement essayer les traitements les uns après les autres en se basant plutôt sur une tolérance prévisible plus que sur une efficacité plus difficile à prévoir, c'est malheureusement la seule solution que l'on a lorsque la situation est difficile.

Dans tous les cas, il faut être patient, les traitements mettent du temps à agir et trouver la bonne "formule" prend également du temps, il ne faut donc pas être pressé d'augmenter trop vite (c'est à dire qu'il faut laisser le temps au traitement de nous montrer s'il fonctionne ou non) ni être pressé d'arrêter trop vite (il ne faut pas conclure trop vite à un échec).

Dans tous les cas également, il convient d'écouter les conseils de votre psychiatre qui seul saura ce qui convient à votre enfant. N'écoutez pas les conseils de telle ou telle personne non spécialiste. Seul votre psychiatre pourra vous donner les bons conseils sur la nécessité ou non d'un traitement et la nature de ce traitement. 

Les effets secondaires

Les effets secondaires sont nombreux... mais les effets secondaires importants sont rares (s'ils étaient fréquents, les laboratoires ne parviendraient pas à vendre les médicaments qu'il conçoivent!)! Renseignez vous toujours auprès de votre psychiatre!

Les effets secondaires les plus fréquents concernant les ISRS sont:

- à court terme: des maux de ventre, des céphalées, des nausées, des vertiges. Ces effets sont souvent peu intenses et durent le plus souvent quelques jours tout au plus.

- à moyen terme: il n'est pas rare que les symptômes du TOC s'accentuent dans les premiers jours de la prise du traitement (classiquement entre le 10e et le 20e jour, parfois cela dure plus longtemps) avant de s'améliorer. Ceci est tout à fait normal et discutez en avec votre psychiatre avant d'arrêter sous l'effet de la panique.

- A long terme: la prise de poids et la somnolence sont malheureusement relativement fréquentes. La somnolence est particulière en ce qu'elle est présente essentiellement dans les moments d'ennui (transports...) et disparait dans les moments actifs (jeux, devoirs etc...). La prise de poids est difficilement réversible, il faut la surveiller car il est plus facile d'agir (arrêt ou changement de traitement par exemple) après 2 ou 3 kilos en plus qu'après 15 ou 20. Il est important de noter qu'elle n'est pas du tout systématique.

Au moindre doute, demandez à votre psychiatre et n'hésitez pas à lui faire remonter ce que vous constatez!

Mais d'une manière général, retenez que les traitements, et les ISRS en particuliers, sont globalement très bien tolérés, que la balance bénéfice/risque est souvent très favorable à la prise de traitement. Pas d'inquiétude! 

Ce que ne fera pas le traitement

Le traitement:

- ne changera pas la personnalité de votre enfant

- ne transformera pas votre enfant en zombie

- n'entrainera pas de dépendance

Les médicaments, combien de temps?

C'est une question à laquelle il est difficile de répondre. Ce qui est certain c'est qu'ils devront être maintenus au moins un an (voire deux!) à partir du moment où votre enfant présentera une amélioration satisfaisante. Ils devront alors être arrêtés très progressivement.

En cas de rechute après arrêt du traitement, alors il faudra le reprendre mais cette fois de façon plus prolongée, à discuter au cas par cas avec votre psychiatre.

Il est important de bien maintenir le traitement suffisamment longtemps car une rechute entraine souvent la nécessité de la reprise de ce traitement et bien souvent à doses plus fortes! Certains spécialistes du TOC s'interrogent même sur l'intérêt d'essayer un arrêt de traitement (même après deux ans) mettant en avant le risque trop important de rechute à l'arrêt et cette nécessité souvent rencontrer de devoir prescrire des doses plus fortes après une rechute (le TOC ne répondant plus aux doses reçues avant la rechute). Je suis plutôt d'avis d'essayer d'arrêter pour éviter toute prise de traitement inutile. Mais toute la complexité est de ne pas pouvoir savoir en amont si le patient rechutera ou non à l'arrêt, il s'agit donc d'un pari et il faut en avoir bien conscience. 

Mais vous l'aurez compris, dans tous les cas, le traitement doit être pris de façon prolongée, au moins une année. Le traitement du TOC est un marathon, pas un sprint!

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